‹ Œuvres complétes du seigneur de Brantôme, accompagnées de remarques historiques et critiquesChapitre 49 sur 66 · M. LE DOC DE NEVERS · texte numérisé non relu

M. LE DOC DE NEVERS

un Laflescbe d'Anjou , on La Cassaignte et un Latdnr, gascons , qui ne yenoient que de frqtiz du siège de Monte « d'avec M. de La- Noue , très braves et très renommez soldatz.

En ce siège , on leur avait commandé que quand ils seroierit montez $ur le rampart , qu'ils avisassent bien la contenance de l'ennemy , et fissent signe s'il y faisait bon, ce qu'ils firent bien : mais au lien d'attendre que quatre ou 6inq cens montassent comme les uns après les autres, ils y alloient tant qu'ils pouvaient, ils ne feu? en dohnafent le loysîr , et se mirent tous à crier : « Dedans, dedans, ils soAt à nous ! * et dotmarent si grand alkrme que l'ennemy éveilla, s'assure, prend les armes » • ôotoameftes it tirer fr ceux des nèstres qui e&toiett montez, qui ptindreul l'espouvantè de telle façon , que nous les vismes tomber avec sy grande confesioh et peur sur nous qui estôena preste à monter , fct à deta* esdtelîons, qu'ils nous renversaretit par terre, et cuydasme& estre crever , et mesmes des coroelleta.

M. de Longue ville , qui estbit 'ce jour ïàtje garde à son tour, comme Jéstdiebt tous les grande avec leur éuitte, e&rôt desjà au premier escfeeloti, tant <il est oft vaillant. M. <TEsttotz& ttthof 9 qui esBobs avec hiy^ cuyd&staésattssjr éstr*taet dedeu* gïeaëdés; qui tw*rt tombât* eut k j&oz ptedz. Par ainsy torit cé$s£. :

Voylà la fartte cpte nous fiâmes eu cette belle entreprise, sans laquelle nous eussions bien donné de l'affaire à la tille ; ear ceftix dedans me le dirent bien aj>res r qtte je las pàrlamètfter avecqueg eux. Il y en à aujoOrd'hiiy éftcor fow* vivàfns qui le peuvent dire. Il y *» é*t aucun* qni soqbçfcimanèWl be* deti* Md&tt

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nostres qui estaient huguenot z avoir! donné à des* sein cette allarme, par l'advis d'un que je ne nomme point, pour les advertir et esveiller, car ils estoient tous endormis. Toutesfois, ces pauvres soldatz y' fu* rent fort blessez , et moururent quelques jours après : qui fut dommage, car ils estoient braves et vieux soldats» '

Le roy de Navarre les regretta fort , qui me les mené veoir penser en une salle basse .où ils estoient cou** chez: il s'en peut bien souvenir possible encor. Jfe leur demanday sur quoy ils donnarént ainsy cette allarme et ce ccy ; ils me dirent qu'ils les voyaient! a jnsy esveiller desjà,.et grouiller en rumeur» et bransler, et; crier bellement aux armes, et que s'il y eust eu avecqueseux seulement deux cens (tontines, et eussent donné, ils gaignoient le retranchement. \ . ,;

Voylà nostre entreprise d'escaHade- tyes biw inventée par M*, de Nevers et m'ai exécutée; p^ pous. Ceites il estait très ingénieux r et nïâvoit, faute. d'inventions, et les premeditoit et consideroit bien ayant, car il n'alloit point viste eu besoigne.

Aussy le roy de J^av^rre et les Huguenotz disoient de luy, quand il alla avec son armée contre eux en Poictou; «H nous faut craindre M. de Nevers avec ses «pas i}e ploinb et $on compas eu la main..» Comme de vray il a esté nn très sage et meur capitaine, et le leur fit bien par estre; car, au beau mitan.de rhyver froidureux:, pluvieux, et fangeux, prit en peu de temps Mauleon etMontagu, dans lequel y avoit un bon homme dedans, M. du Preau, gouverneur de Chastellereud, qui' a faict beaucoup de belles preuves de sa. Valeur aux 'guerres de Ftendres l'espace de six ans,iet en

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PraïKjê, coittmé je dicts ailleurs, etacquist beaucoup d'honneur çît là deffence de cestè placé; car elle ne venoït qtie d'être desinantelléè par le mareschal* de Raiz,et très mal fortifiée despuis. II prit attssy La Garnatobé et aètreS place»; et dans qu'il fiist mandé par le Roy, atapres la mort de M. deGuysè, pour aller àecotrrir la citadelle d'Orléans, il eust feiçt antres cotrtfti estes et expéditions.

- Lors que Rïonsieur , frère du Rby , partit de la Court et prit les armes, il fut faict lieutenant de rôy et commandé par luy de lé suivre et luy rompre ses desseins; de Sorte qu'à la Court cela> se disoit quey pour attrapa f>er Monsieur, <|ui s'en alloit- à belle erre, te Roy y aVoit envoyé un boitteux. Mais pourtant, sy la Reyne ne fbst intervenue, qui vouloit adoucir tout, il l'attrappoit à boti escient, et luy eiïst praticcsuéle p'ro J Terbej Qui va piano va lotitario (0, car il hty dressoit une belle entreprise que je sçay; il me fit cet honneur dénie laf communiquer à Bonnevàl en Beausse, ainsy <Jué nous le suivions- vers la rivière de Loire 9 d'où nous ïuy aHfans bien empesfcher et couper lé passage , et de' véinr eh Guienne; mais la Reyne lày manda une nuict par un courrier et commanda dé f ne passer plus outre : par <^uoy il se Retira à' Parfc;

: Ôr plusieurs s'etiquirént, lôrtf qùé la Ligue com* mença à s'eslever après' la môrfcdë'M. de Guyséj que M. de Nevers ne s'y enfonça bien avant; ce (jawl'ori croyôît, d'autant qu'il avoît esté des 1 premiferS'avec le mareschal de Raiz à la bastir : mais il h ? eh fit rie», car <tefte guette Se fit jilustôst contré le Roy etpoiir vén** geArièe , qri ë cbrittf ê îa teligron , et liiy èstoït fort se*-'

(O CVsl-à-dire : Qui tadotLceméfit', va ldng-tëïrips. (S.)

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