M. LE DUC DE NEVERS
viteur du Roy et de l'Estat, ainsy qu'il le fit bienparestre après la mort du Roy 5 car il tint le parti du Roy, bien qu'il fust de la religion; et luy voyant que l'Estat s'en alloit perdu et discipé sy nostre Roy, qui estait légitime et de tout, droit vrai roy , n'estoit maintenu en son siège. et auctorité, se mit de son costé ; aussy qu'il avoit le cœur grand et haut, que, pour un demy royaume, il n'eust pas voulu obeyr à M. du Mayne, car il se sentoit aussy grand que luy en dignité, auctorité et tout , et plus vieux et pratiq capitaine.
Déplus, il avoit sy grande fiance en Dieu que nostre Roy se fairoit catholique, et pour ce le royaume en bransle se pourroit relever et appuyer, très bien par cette conversion, ainsy que nous le voyons. à l'œil. Ce ne fut pas tout, car il alla vers le Pape pour intercéder pour le Roy à le vouloir recevoir en son giron etde celuy de l'Eglise : il y peyna beaucoup, il y alla à ses propres despens; qui fut grand peyne à ce bon prince, mal dispos et cassé , entreprendre si loingtain et fascheux voyage. Sa Saincteté en fin s'estant ravisée, et voyant les bons effectz de la religion catholique dont le Roy usoit, tout est bien allé, Dieu mercy, comme nous voyons.
Il ne faut point demander sy mondict sieur de Nevers fut ayse de veoyr une telle conversion, et mieux que jamais le servit, tant en son gouvernement de Champagne qu'aux armées, avec le Roy et ailleurs, son lieutenant gênerai ; et si on l'eust attendu lors que M. l'admirai 'de Villarsfut deffaict vers Dorlan, tout, en fust allé mieux; il ne tint pas à luy, car il venoit à belles journées e* se hastant tant qu'il pouvoit; manda bien qu'on l'attendist. Cette deffaicte porta ce