‹ Œuvres complétes du seigneur de Brantôme, accompagnées de remarques historiques et critiquesChapitre 5 sur 66 · VU SAHSi-C · texte numérisé non relu

VU SAHSi-C

pece dfeau elairfe dan» sa maferioe, qui né septoit nullement pour engendrer ny concevoir. .

Cestte femme atoott en soy une naïiVeté naturelle et a» libellé de parier naïfaeraent, sans y songer autres ment à mal} si que L'on ton a fàict d'elle ek* Xainteage des contes plaisons, é&nt je feray cestuy, cry pour en rire r toute ma parente qu'elle fat, cousine germaine de mon peré-Lore que leroy Ckarles Tint àJBourdeau* pour L'entrevue de Bayonne, madame de Burie, quelques; dçux ans ayant r ainsy que son mary Ml de Burie y feisdifi faire fcjnèlqué àéveué de gêna de guerre, en passant par les rues il y eut quelque mauvais harquebuzier qui laseba son harquebus mal à. propos, qui perça h ladioté 4aàse le bras 4e part en part, tirant vers L'espanie« Elle estant vçnue à Bounieauai pour feire hù reyerance au. Roy et à lai Reyne, ainsy qu'elle estait dan» la chambre de la Reyi» /ayant faicfc toutes reverances accomplies, M. de Cypierre, lors gouverneur du Roy, lf ayant aussi saluée, la convia de s'asseoir tou& deux sûr tin coffre; et tous deux portoient un bras en escharpe f M. de Cypierre peur Ites gouttes dont il eetoil fort tourmenté, et madame de Burie pour son. harqucbuzatte. ftL de- Cypierre , ne sçachant point que ce fut un coup, mai& quelque goutte comme luy, se mit à luy dire* fort naïvement : « Madame, il faut * que »ou$ nova consolions tous* dfeux de nostre mal, « car il n'y a icy que nous deux qui portons le bras « eu escharpe* — Nou, monsieur, luy respond ma- » dame de Burie; maie il y a bien de la différence du « sabject et du mal, car vous la porte & pour l'amour « de la goutte, et moy pour une karquebuzadè. » Qui fbt estonné? ce fut Af.de Cypierre, oyant parler de

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cbste harquebuzade , ainsi qu'il en vint aussi toit faire le conte à 'M, de Nemours, que j'ouys moy-mesme. Parquoy, se levant d'auprès d'elle, et en riant froydement : « Vrayment, madame, c'est raison, et vous « m'avez bien estonné. C'est bien le monde renversé « cestuy-cy, et de vous voir plaindre de vostre barque- « buzade que -je n'eusse jamais pensé que vous eussiez * eue ; c'est bien signe que vous ayez esté à la guerre; « je n'en sçaurois monstrer pour à ceste beure autant; « vous estes en cela plus heureuse que moy ; et peu « m'a servy pour y avoir este tant de fois, et tant de « fois m'estre mis aux hazards,et n'avoir dequoy main- « tenant vous damer d'une pareille marque, encor que « j'àn pye bien sur mon corps, et qu'au lieu que je « vous deusse dire que je porte mon bras en escharpe « pour une harquebuzade et vous pour le goutta ge, il wnesè peut. Adieu donc, madame; Dieu vous donne « donc gaerison de vostre harquebuzade, et à moy de « ma goutte : jamais le monde ne joua mieux à l'envers « que ce coup icy. » Puis, s'esta nt enquis à d'autres comment' ceste femme avoit esté ainsy à la guerre et blessée , il en fit son conte ; mais il se faut imaginer de la façon que M. de Cypierre le disoit, qui l'a bien cogneu ; car c'estoit l'homme du monde qui faisoit mieux un conte et le sçavoit mieux représenter avec la meilleure grâce et les plus belles parolles qu'on eust sceu dire, tant il estoit bien accomply en tout. J'en vis bien rire la.Reyne mère mesme, quand elle songeoit, disoit-elle, à l'estonnement que M. de Cypierre eut quand il ouyt parler de ceste harquebuzade, comme voulant penser et dire: « Mort- Dieu, ceste femme s'est « voulu* advantager de cela sur moy, que nous n'es-

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« tionriiûliement esgftux de nos maux, car le sien es- « toit bien beaucoup plus honnorable. »

Voylà mon conte faict, soit bon ou mauvais; je ne suis pour plaire à tous. Bien crois-je que Ton. me pourra reprocher que je me pourrois bien passer démettre par escrit force petites nigoderies qui ne servent dé rien : je le croy, mais je veux passer mon temps et rire quelquefois.

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