III. — Résumé Je ce chapitre sous le voile d'une parabole
Résumons en terminant , sons le voile d'une parabole, ce qui vient d'être dit sur la piété.
Un père avait trois fils qu'il aimait d'une tendresse extrême. Malheureusement, ils ne répondaient pas tous à la vive affection qu'il leur témoignait. L'aîné le maltraitai! presque tous les jours, et se faisait un jeu d'enfreindre ses ordres. Le second ne le maltraitait point ; mais il n'avait pour lui que de la froideur : jamais la moindre prévenance, jamais un mot du cœur où se peignît quelque amour. Du reste, il faisait à peu près, mais de mauvaise grâce, ce qui lui était rigoureusement prescrit. Le plus jeune enfin était ce qu'on appelle un charmant enfant ; il avait toute sorte d'égards pour son père, et ne se lassait point de lui tenir compagnie. Non-seulement il exécutait ses ordres avec une fidélité parfaite ; mais, par dévouement et par amour, il allait presque toujours au-delà de ce qui lui était commandé.
Or, une maladie grave attaqua le bon père et le conduisit rapidement aux portes du tombeau. Se voyant sur le point de mourir, il fit appeler ses trois entants et leur parla ainsi :
« Mon fils, dit-il à l'aîné, tu m'as constamment » abreuvé d'amertume, et j'ai la douleur de ne pas » pouvoir te dire un mot affectueux en me séparant » de toi ; il ne me vient à l'esprit que des pensées » de malédiction. Que Dieu te pardonne ton ingra- » titude ! »
« Pour toi, dit-il au second, je n'ai pas à te faire » d'aussi durs reproches. Cependant tu n'as pas i. 28
» eu pour moi la tendresse d'un bon fds ; j'ai eu » souvent à me plaindre de ta sécheresse et de ta » froideur ; mais tu exécutais à peu près tous mes » ordres. Que Dieu bénisse ton obéissance et te » pardonne le reste ! »
« Quant à toi, dit-il au plus jeune, en lui serrant » affectueusement la main, je te dois les consola- » tions les plus douces de ma vie ; je n'exprimerai » jamais comme je le sens le tendre attachement » quêtes bontés m'inspirent. Toutes les blessures » que l'ingratitude faisait à mon cœur, ton généreux » amour semblait prendre plaisir à les cicatriser. » Que les bénédictions du ciel tombent à flots » dans ton âme ! »
Ayant dit ces mots, il lui donna, de ses lèvres mourantes, un dernier baiser: puis il lui remit une charmante corbeille qui contenait une couronne du plus haut prix, et autour de laquelle des pierres précieuses artistement enchâssées formaient les deux mots : Piété filiale.
Cette parabole s'explique d'elle-même : Sous les traits du premier dexes enfants apparaît le pécheur ingrat et endurci. Le second représente le chrétien lâche, insouciant et tiède. Le troisième est l'image du chrétien pieux.
Au premier, la malédiction ;
Au second, la froideur ;
Au troisième, la couronne de gloire qui récompensera dans le ciel la piété fidèlement pratiquée sur la terre !