‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 71 sur 92 · I. — Nécessité des pratiques pieuses · texte numérisé non relu

I. — Nécessité des pratiques pieuses

Nous l'avons déjà dit, rien de plus faible que l'homme nouvellement converti si, par les pratiques de la piété, il ne donne pas à son âme la vigueur qui lui manque. Souvent, au début de la conversion, quand elle est en pleine sève, on se

croit tout-puissant, et l'on n'imagine pas qu'il y ait obstacle au monde qu'on ne puisse renverser avec facilité. C'est une illusion qui peut conduire au défaut de vigilance, et par suite à des imprudences dangereuses, à des témérités funestes. Ce que Ton prend pour force, en ces circonstances, n'en a souvent que l'apparence : ardeur, sentiment, enthousiasme, exaltation, oui ; force réelle et pleinement rassurante, non. En tout ce qui concerne le salut, ne l'oublions jamais, l'homme ne trouve de force qu'en Dieu : Sine me, nous dit Jésus-Christ, nihil potestis facere. « Sans moi, vous ne pouvez rien faire. » Mais aussi, avec le secours de Dieu qui ne nous manque jamais quand nous le réclamons, tout l'enfer soulevé contre nous n'est pas capable de nous vaincre : « Je puis tout, dit saint Paul, avec l'aide de Dieu qui me fortifie, n Omnia possum in eo qui me confortât. Remarquons qu'il ne dit point : Je puis tout par mon ardeur, par mon enthousiasme et mon exaltation. Il connaît le piège, et il l'évite en disant : Je puis tout avec le secours de Dieu qui est ma force.

C'est donc en Dieu seul qu'il faut placer son point d'appui pour résister vaillamment, et avec succès aux ennemis du salut. Or, où trouveronsnous Dieu, si ce n'est dans les saintes pratiques de la piété ? Convainquons-nous bien de cette vérité ; tout ce qui s'en éloigne est illusion, témérité, danger prochain de rechute.

Le nouveau converti qui ne s'entoure pas de pieuses pratiques, ou qui les abandonne après les avoir observées quelque temps, ne marche pas vers sa ruine, il y court, et, sans être prophète, on peut lui prédire un désastre prochain,

Celui, au contraire, qui choisit prudemment un certain nombre d'œuvres de piété, qui les fait avec les bonnes dispositions qui en assurent le succès, et qui lutte courageusement contre la tentation qu'il a quelquefois de les abandonner, peut se tenir assuré de persévérer aussi longtemps dans le bien, qu'il sera fidèle à les accomplir.

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