VIII. — La sainte messe
L'assistance à la messe n'est de précepte rigoureux que le dimanche elles fêtes d'obligation. Nous savons tous cela, et il va sans dire que, si nous sommes sincèrement convertis, nous ne manquerons jamais, sans raison légitime, à l'accomplissement de ce devoir.
Mais nous bornerons-nous à ce qui est de stricte rigueur? La piété filiale envers Dieu, dont nous avons parlé plus haut, ne dira-t-elle point doucement à notre cœur que, pendant que nous donnons à la paresse ou à de frivoles occupations un temps précieux, Jésus-Christ descend du ciel pour nous , s'immole pour nous, intercède pour
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nous, et serait bien content si nous répondions ail tendre amour qu'il nous témoigne, en allant lui prouver au pied de son autel que nous sommes reconnaissants des bontés dont il nous comble? Ne dira-t-eUe point encore; cette piété filiale, si notre cœur écoute sa voix, que ce n'est guère aimer celui qui est mort pour nous que de lui dire (car nous le lui disons par nos œuvres) : Je ne vous dois l'assistance à la messe que les jours d'obligation ; n'attendez de moi rien de plus. Je sais bien qu'à quelques pas de mon habitation, voire sang coule pour moi sur l'autel ; je sais bien qu'en assistant à ce sacrifice, vous m'y accorderiez des grâces abondantes qui consolideraient l'œuvre de mon salut ; mais je n'y suis point obligé, je ne serai point damné en restant chez moi ; ne trouvez donc pas mauvais que j'y reste. Nous le demandons, est-ce ainsi que l'on parle quand on aime ?
Ranimons notre foi, et pénétrons-nous bien de cette vérité que le saint sacrifice de la messe est incontestablement ce qu'il y a de plus grand, de plus sublime et de plus saint dans le Christianisme. C'est la divine immolation de la croix renouvelée et perpétuée sur nos autels. Faisons effort pour y assister sur la semaine aussi souvent que nos occupations nous en laisseront le loisir.
Quant à la manière d'y assister, pour les hommes du monde récemment convertis, comme ils n'ont point l'habitude do traiter avec Dieu et de tirer de leur propre fond les prières qu'ils lui adressent, nous les exhortons à lire avec beaucoup d'attention les prières communément appelées Entretien de la messe, qui se trouvent dans une multitude de livres
de piété, et notamment dans la Journée du chrétien. En s'unissant au prêtre par ces prières, et en le suivant pour ainsi dire pas à pas dans les diverses parties du saint sacrifice, on en retirera des fruits de salut excessivement abondants (1).