VI. — Prière du réveil
Voici un acte touchant de la piété chrétienne. Donner à Dieu son cœur : nous savons' tous ce que
ces paroles signifient. Et comment ne le saurionsnous pas, puisque nous l'avons appris de notre tendre mère, à ce premier âge de la vie où tout se grave dans Tàme pour n'en sortir jamais ? Oui, c'était en ce temps-là qu'une mère pieuse nous tenant sur ses genoux, joignait nos petites mains, nous faisait regarder le ciel, et nous disait avec bonheur ces paroles auxquelles on nous permettra de ne pas changer une lettre : « Donne ton cœur au bon Dieu, mon enfant! » Et nous disions avec elle cette prière charmante, peut-être, hélas ! oubliée de plusieurs, et que nous voulons rappeler :
« Mon Dieu, je vous donne mon cœur, mon » corps, mon cime, ma vie, tout ce que je suis, » tout ce que je possède : prenez-moi, s'il vous » plaît, Seigneur, afin qu'aucune créature ne puisse » me posséder, mais vous seul, ô mon bon Jésus î »
Nous plaindrions celui qui n'admirerait pas la belle simplicité de cette prière. Reprenons l'usage de la réciter chaque jour au moment du réveil et le soir avant de nous endormir. Elle n'est pas seulement belle, cette prière, elle est réellement excellente, puisqu'elle contient l'acte d'adoration et de dévouement le plus parfait que l'homme puisse faire à son Dieu. Disons-la donc très-exactement tous les jours, mais posément, mais attentivement, mais affectueusement, et en goûtant avec le cœur chacun des mots qui la composent.
Vil. — Prière du matin.
Nous sommes toujours péniblement affecté quand nous voyons des chrétiens , qui ne sont pas hors des "voies du salut, mais qui omettent, sans beau-
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coup se le reprocher, la prière du matin. Elle est généralement plus souvent omise que celle du soir ; et cependant nous croyons la première plus nécessaire que la seconde. L'une se fait au commencement du jour, et l'autre avant l'heure du repos ; or, nous savons tous que le temps du jour est plus périlleux pour le salut que celui de la nuit. Nous avons donc besoin de plus de grâces. N'omettons jamais, autant que possible, la prière du matin. Ne la différons pas, si rien ne s'y oppose; car presque toujours elle se trouve omise quand elle n'est pas l'un des premiers actes de la journée.
Quoique l'on puisse faire une prière quelconque, il est cependant très-convenable que l'on fasse habituellement celle qui est en usage dans la localité que l'on habite. Mais défions-nous de la routine, qui n'est jamais plus à craindre que quand on récite une prière qui se fait tous les jours. C'est pour l'éviter, cette routine, qu'il faut être parfaitement fidèle aux recommandations que nous avons faites : — Se préparer convenablement avant de commencer. — Prier posément et avec le respect qu'exige la souveraine majesté de Dieu.
Voici un point très-important et sur lequel nous appelons tout spécialement l'attention de nos lecteurs. Comme il arrive souvent que la prière du matin se récite, ainsi que toutes les prières d'habitude, sans beaucoup d'attention, et souvent arec une distraction continuelle, nous voudrions qu'avant de finir cet exercice de piété, on convertit en une courte prière que l'on composerait soi-même, les trois actes que nous allons indiquer, et qui sont un excellent résumé de toute la prière que l'on a faite, i. 20
— Remercier Dieu de toutes les grâces que nous avons reçues de sa bonté, et spécialement de nous avoir conservé l'existence jusqu'à ce moment , ce qu'il n'a pas fait à tant, d'autres qui sont morts pendant la nuit dernière.
— Lui demander instamment la grâce de passer saintement et sans aucun péché la journée qui commence.
— Enfin, lui offrir tout le bien que l'on va faire pendant ce nouveau jour; pensées, paroles, actions, peines et souffrances, etc.
Puis, réciter avec beaucoup d'attention une fois seulement le Pater et Y Ave, aux trois intentions qui viennent d'être proposées. Cette pratique, bien faite, réparerait très-avantageusement les défauts de la prière principale. Nous la recommandons tout particulièrement h nos lecteurs.