CHAPITRE IX
Le prêtre à confesse. — Règles et avis pratiques. — Choix du confesseur. — Confession fréquente. — Examen. — Contrition. — Confession. — Satisfaction. — Fruits de nos confessions.
— La matière qu'annonce le titre de ce chapitre est excessivement délicate, et ce n'est presque qu'en tremblant que nous l'abordons. Au reste, nous allons lui ôter une grande partie des difficultés qu'elle présente. Nous n'aurons point la témérité d'accompagner nos vénérables confrères au tribunal sacré de la pénitence où ils vont comme les simples fidèles s'humilier de leurs fautes. Respectant le sanctuaire de leur conscience , nous n'entrerons point dans le détail de ce qui fait la matière habituelle de leurs confessions. Quelques avis que nous croyons sages, voilà la seule chose que nous oserons nous permettre sur ce point important.
Le sacrement de pénitence est le chef-d'œuvre de la miséricorde divine, et les prêtres qui l'administrent ont droit comme les autres aux biens spirituels qu'il procure, si, comme les autres, ils s'en approchent avec les saintes dispositions qu'il exige. Puissions-nous retrouver la vie dans ce bain salutaire si malheureusement nous l'avons perdue, et y puiser des grâces et des forces nouvelles si nous n'avons pas besoin d'autre chose !
— Choix du confesseur. Le choix du confesseur est la matière du premier avis que nous avons à donner. Nous connaissons tous l'importance de ce choix ; mais peut-être ne sommes-nous bien frappés de cette importance que relativement aux personnes du monde, ce qui serait une grave erreur.
La piété du confesseur n'est pas toujours, mais elle est assez souvent le thermomètre de la piété du pénitent. Donc, choisissons pour confesseur un saint prêtre, ou le meilleur entre les bons, s'il n'y avait pas de saint prêtre à notre portée, ce qui est fort peu probable. Le contact d'un tel prêtre, l'exemple de ses vertus, les exhortations chaleureuses de son zèle, tout cela est saintement contagieux et passe toujours plus ou moins du confesseur au pénitent. Les saints ne parlent point comme les autres hommes ; leurs paroles s'échappantde leurs cœurs embrasés, sont comme autant d'étincelles qui fondent bien des glaces.
Cependant tout saint prêtre est-il, par rapport à tous ses confrères, un bon confesseur ? Non ; il y a des prêtres d'une haute sainteté qui ont un fonds d'indulgence et de charité presque sans limite. Aussi miséricordieux pour les autres que sévères pour eux-mêmes, ce qui, en général, est une excellente disposition, ils tolèrent, parexcès de bonté, ce qu'ils devraient réprimer avec une fermeté charitable. Ceux-là ne doivent point être choisis, du moins par quelques-uns.
Si nous voyons notre que confesseur, quoique saint, est plus indulgent que notre propre conscience; s'il nous passe ce qu'elle ne nous passe point ; si. ri étant point scrupuleux, nous sommes inquiets et
mal à l'aise après nos confessions ; si quelque chose nous dit que l'ignorance, ou au moins une complaisante bonté dicte les décisions qui nous sont données, prenons garde : ce confesseur n'est peutêtre pas celui que nos besoins spirituels exigent. Qui sait mémo si sa sainteté ne sera pas un rempart contre des craintes fondées, et si, précisément parce qu'il est un saint prêtre , nous ne mépriserons pas les réclamations d'une conscience qui a quelques raisons pour les faire ? Mais ceci est une exception : retenons le principe, et, généralement, choisissons pour confesseur un prêtre éclairé qui soit en même temps un saint prêtre.
Moins nous sommes parfaits nous-mêmes, plus nous avons besoin d'un saint prêtre pour devenir par ses soins ce que nous ne sommes point. Que serait-ce, grand Dieu î si un mauvais prêtre choisissait pour confesseur un mauvais prêtre comme lui ! que serait-ce si un prêtre tiède, négligent et relâché, prenait pour confesseur un prêtre qui lui ressemblât ! Quel zèle auraient, pour perfectionner de tels prêtres, des confesseurs qui verraient dans leurs pénitents comme le reflet d'eux-mêmes ?
Règle générale : prenons toujours, autant que possible, pour confesseur un prêtre dont la sainteté soit supérieure à la notre. Si le contraire a lieu, nous devons craindre que notre confesseur n'ait pas toute la fermeté désirable pour blâmer en nous ce qu'il se permet sans scrupule à lui-même.
— Choisissons un confesseur qui ait un grand zèle pour la sanctification des prêtres qui s'adressent à lui. 11 pourrait arriver qu'un prêtre eût du zèle et même beaucoup de zèle pour diriger ses
pénitents laïques, et qu'il en eût peu pour perfectionner ses pénitents prêtres ; ce qui serait un vrai contre-sens, puisque personne sur la terre n'est plus rigoureusement obligé à la sainteté que les prêtres. Stimulons le zèle de notre confesseur en le priant de ne rien nous passer, d'insister surtout dans toutes nos confessions sur tel ou tel point à l'égard duquel nous savons que nous avons particulièrement besoin d'encouragement et de fermeté.
— Choisissons un confesseur qui nous parle sans crainte, avec franchise et en toute liberté. Quelquefois un prêtre n'est pas à l'aise avec certains confrères et n'ose pas leur dire tout ce qu'il pense. S'il est timide par nature, s'il est inférieur à son pénitent par le talent ou par la place qu'il occupe, s'il a avec lui des relations fréquentes et amicales, il éprouve une certaine gène, une certaine contrainte, et les avis qu'il donne se ressentent de la disposition dans laquelle il se trouve, ce qui peut avoir des inconvénients graves.
Ne nous confessons pas au confesseur qui se confesse ànous ; cela n'est pas sans quelque danger.
— Choisissons , autant que possible , un confesseur qui ne demeure pas à une trop grande distance du lieu de noire habitation. Quand cette distance est trop considérable, il arrive souvent que, dans la mauvaise saison par exemple , ou lorsqu'on a un peu plus de travail qu'à l'ordinaire, on se confesse moins souvent qu'on ne le ferait si l'on était à proximité de son confesseur, ce qui cause toujours un préjudice spirituel plus ou mois notable.
— Choisissons enfin un nouveau confesseur si nous nous apercevons que celui à qui nous nous
adressons ne nous convient point. Sans doute ce changement ne peut pas s'opérer pour des causes frivoles ; mais s'il est motivé par des considérations graves, il n'y a point à balancer. Nous ne craignons pas de ranger parmi les considérations graves, le peu de fruit que nous tirons de la direction de notre confesseur, relativement à notre progrès spirituel, si surtout nous savons positivement que nous trouverons abondamment chez un autre confrère ce que nous ne trouvons pas chez celui-ci.
Nous l'avons dit, il y a des confesseurs qui sont de bons et même de saints prêtres, mais qui ne s'appliquent point à faire progresser dans la perfection les prêtres qu'ils dirigent. Soit timidité, soit habitude prise depuis longtemps, soit manque de zèle éclairé, ils reçoivent tout simplement ce qu'on leur déclare, font une exhortation générale d'une banalité insignifiante, donnent l'absolution, et tout se borne là.
Combien de confesseurs , peut-être, confessent depuis longtemps plusieurs confrères et ne leur ont pas encore adressé ces questions : « Avcz-vous un règlement de vie ? Quels en sont les points principaux ? Les observez-vous avec fidélité ? Faites • vous très-exactement votre oraison ? Combien de de temps lui donnez- vous chaque jour ? Comment la faites-vous et quel fruit croyez-vous en retirer ? Faites-vous l'examen particulier, la lecture spirituelle, la visite au Saint-Sacrement? Quel est, selon vous, votre défaut capital ? Que faites-vous pour l'attaquer ? Remarquez-vous s'il s'affaiblit, ou si, au contraire, il prend des forces ? Que faitesvous pour la conversion des pécheurs ? N'y en a-t-i
point plusieurs dans votre paroisse dont vous pourriez entreprendre directement ou indirectement, la conversion avec chance de succès? Le faites-vous ? » Ces questions, et tant d'autres, qu'un prêtre fervent et zélé ne manque poini d'adresser aux confrères qu'il dirige, ont des résultats excellents. Il leur prouve par là combien il attache d'importance aux points qu'il leur signale, et combien par conséquent ils doivent y en attacher eux-mêmes. De leur côté, sachant qu'ils auront à en rendre compte dans presque toutes leurs confessions, ils adoptent l'usage des exercices spirituels qui leur sont recommandés, et ils règlent l'ensemble de leur conduite de manière à pouvoir faire des réponses satisfaisantes aux nouveaux interrogatoires qu'ils auront à subir ; ce qui n'aurait pas lieu s'ils avaient pour confesseur un prêtre qui se contentât de recevoir ce qu'ils déclareraient, et qui ne descendrait point dans le détail de leurs œuvres habituelles.
— Confession fréquente. Nous ne devons pas mettre trop d'intervalle entre nos confessions. Nous lisons dans la vie d'un grand nombre de saints, qui n'étaient point scrupuleux, qu'ils se confessaient tous les jours ; aussi marchaient-ils rapidement dans les voies de la perfection, car rien ne contribue si puissamment à la destruction des défauts et au perfectionnement des vertus, que la réception fréquente et très-fréquente du sacrement de pénitence avec les dispositions qu'il exige.
Nos confessions , sans doute , ne peuvent pas être aussi fréquentes que celles des saints dont nous venons de parler ; mais nous devrions adop-
ter l'usage de la confession hebdomadaire. C'est la pratique des saints prêtres. Les bons prêtres ordinaires ne dépassent pas la quinzaine. Ceux qui sont habituellement plus de quinze jours sans se confesser sont, presque à coup sur, plus ou moins avancés dans les voies de la tiédeur et du relâchement ou dans des voies plus mauvaises encore. Voici à cet égard une observation que nous recommandons à nos dignes confrères. La plénitude des bons effets pratiques d'une confession bien faite ne dure pas beaucoup plus de trois ou quatre jours. A l'expiration de ce court délai, on ne commet pas de fautes graves, sans doute ; mais on sent communément une certaine diminution de ferveur, un peu moins d'attention dans ses prières , un peu moins de retenue dans ses paroles et de mortification dans ses sens ; bref, on commet une multitude d'infidélités qu'on n'eût pas voulu se permettre le jour de la confession ; et ce petit relâchement va toujours crescendo , jusqu'à ce qu'une nouvelle confession vienne rendre à l'âme l'énergie qu'elle a perdue. Quand donc cette nouvelle confession se fait longtemps attendre, le mal s'aggrave, la délicatesse de conscience s'altère, les habitudes s'enracinent et la perfection ne vient jamais. Donc , confession fréquente et très-fréquente, si nous voulons sincèrement prendre rang parmi les saints prêtres.
— Examen. Sondons, interrogeons notre conscience avec soin. Pas de scrupule, sans doute ; le scrupule est une petite folie qui quelquefois est fort dangereuse, surtout chez les prêtres : dan-
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gereuse pour eux-mêmes, dangereuse aussi pour les âmes qu'ils dirigent. Mais on peut être exact sans être scrupuleux.
Ne bornons pas notre examen à deux ou trois points qui sont toujours les mêmes, et qui souvent sont bien moins importants que ceux que nous négligeons. Examinons-nous sur nos devoirs d'état, sur Temploi de notre temps, sur nos études, sur le soin de nos malades, sur l'administration des sacrements, sur la tenue de notre église, sur la négligence, en fait de propreté, à l'égard des ornements, corporaux, pâlies et linges d'autel, sur le retard à acquitter des fondations ou à dire des messes promises, sur les absences, les voyages, les jeux, les festins, sur l'attache aux biens de la terre, l'amour de l'argent, l'esprit d'intérêt, ou au contraire sur la prodigalité, les dépenses frivoles, les dettes contractées avec danger de perte pour les créanciers. Nous n'en finirions pas si nous énumérions tous les points que doit embrasser l'examen, et. dont peut-être nous nous occupons fort peu quand nous nous préparons à la confession.
— Contrition. Excitons-nous à la contrition, non pas vaguement et généralement, en englobant dans la formule de l'acte ordinaire le repentir de tous les péchés de notre vie, mais en sondant nos vraies, nos intimes dispositions relativement à chaque péché que l'examen nous rappelle, afin de voir si réellement nous en avons du regret, si la confession que nous en allons faire ne va pas être une simple formalité plutôt qu'un aveu accompagné d'une détestation vive et sincère. Disons-nous, parexempîe :
Deus non irridetur... omnia nada et apertà oculis
ejus ; je vais confesser telle ou telle faute , les mains jointes, à genoux, dans l'attitude d'un criminel qui demande grâce ; je vais prolester que je déteste cette faute, que je ne veux plus la commettre, que je désire profiter de la grâce du sacrcmentqueje vais recevoir. Mais sont-cc réellement bien là mes dispositions ? Suis-je sincèrement et cordialement résolu à veiller avec plus de soin, à fuir l'occasion, à prier avec plus de ferveur, à résister avec plus de violence à la tentation ? Dcus non irridetur : Dieu voit-il aujourd'hui en moi, relativement à cette faute, un repentir plus amer que dans tant de confessions passées où je l'ai toujours déclarée sans m'en corriger jamais ?
Yoilà le vrai moyen de s'exciter à la contrition et de s'assurer si l'on n'en a pas plutôt l'apparence que la réalité. Quand on a fait ceci après chaque faute, et qu'on s'est rendu sérieusement et sans se flatter le témoignage qu'on veut certainement se préserver de nouvelles chutes, alors on fortifie sa résolution en méditant sur les vérités les plus propres à développer la contrition ; on adopte, par exemple, l'excellente méthode de Mgr de la Motte, évoque d'Amiens, qui, pour s'exciter à la douleur de ses fautes, faisait en esprit trois stations : l'une en enfer, pensant qu'il l'avait mérité ; l'autre au ciel, pensant qu'il avait perdu tout droit à le posséder ; l'autre enfin au calvaire, où il s'abîmait dans sa douleur aux pieds d'un Dieu souffrant et mourant, pour le sauver.
Excitons-nous à la contrition, selon lès règles qui viennent d'être rappelées, ci voii urs que iu.
nos confessions seront beaucoup plus fructueuses qu'elles ne Font été jusqu'à ce jour.
— Confession. Tout ce qui précède étant observé, confessons-nous, et donnons à notre confession les qualités que nous savons qu'elle doit avoir : sincérité, humilité, simplicité, précision, prudence, et toujours, au fond de tout cela, repentir vrai, repentir amer des fautes que nous déclarons. On dit dans le inonde que les prêtres se confessent plus mal que les laïques ; cela n'est point vrai : le monde, d'ailleurs, n'en peut rien savoir.
Un mot seulement relativement à la confession proprement dite : Confessons-nous de nos défauts autant et plus que de nospéc/ics mêmes. Expliquonsnous : les défauts et les péchés ne sont pas la même chose ; il y a la même différence qu'entre l'arbre et le fruit. Le péché, c'est le fruit ; le défaut, c'est l'arbre qui porte ce mauvais fruit. On peut faire, par extraordinaire, un péché d'orgueil sans avoir le défaut de l'orgueil, ou un péché de vivacité sans avoir le défaut de la colère. Mais quand on a un défaut, c'est un mauvais arbre qui ne manque jamais de produire les péchés qui sont ses fruits. Or donc, nous disons qu'il faut se confesser de ses défauts et non pas seulement de ses péchés, c'esià-dire qu'il faut, après avoir confessé tel ou tel péché que l'on a commis, faire connaître, en outre, le défaut qui en a été le principe, ce qui est trèsavantageux et bien plus propre à éclairer le confesseur sur l'état vrai du pénitent.
On doit comprendre qu'il y a une grande différence entre l'accusation pure et simple d'un acte
peccamineux, et la manifestation du défaut qui en a été la source : la déclaration du premier ne fait pas toujours deviner le second. Si je dis, par exemple, que j'ai eu un mouvement de grande vivacité, mon confesseur croira que j'ai simplement blessé la vertu de douceur ; mais si j'ajoute que cette vivacité a été produite par une petite humiliation que je n'ai pas eu le courage de souffrir en silence, et que presque toujours la même cause produit le même effet, il en conclura avec raison que je n'ai pas seulement blessé par ma vivacité la vertu de douceur, mais que j'ai blessé du même coup la vertu d'humilité, et que, puisque je suis habituellement disposé de la sorte quand j'ai quelque humiliation à subir, non-seulement la colère est un de mes défauts, mais l'orgueil en est un autre. Il en serait de même si je confessais une froideur, une ombre de rancune contre un collègue, sans dire que c'est un mauvais fonds de jalousie qui en a été le principe; mon confesseur croirait que j'ai fait un acte isolé contre la charité, et ne saurait pas que la jalousie est aussi un de mes défauts.
Allons toujours à la source de chaque péché que nous confessons, et conduisons-y notre confesseur afin qu'il la tarisse; ou, pour nous servir d'une autre comparaison, ne nous contentons pas d'élaguer quelques branches de nos mauvais arbres, mais attaquons-les eux-mêmes par la racine, afin d'arriver à une extirpation complète.
— Satisfaction. Nous ne dirons rien de cette dernière partie du sacrement de pénitence, bien convaincu que, sous ce rapport, nul parmi nous
n'a de reproches à se faire. Ce n'est pas là que gît la grande difficulté de nos confessions ; il nous en coûte bien plus de nous corriger des péchés que nous confessons, que de faire la légère pénitence qui les expie. Disons seulement qu'il serait très-avantageux, pour venir en aide à notre faiblesse, de prier notre confesseur de nous donner pour pénitence de faire exactement tous les jours tel ou tel exercice spirituel dont nous nous dispensons quelquefois par lâcheté, ou de nous imposer un nombre déterminé d'heures d'étude jusqu'à la prochaine confession, ou quelque autre oeuvre favorable à notre avancement spirituel qui, peut-être, ne nous serait jamais imposée si nous n'en faisions spécialement la demande.
— Fruits de nos confessions. Si nous suivons avec une exacte fidélité les règles et avis pratiques qui viennent de nous être donnés relativement au sacrement de pénitence, il est impossible que nous ne fassions pas de rapides progrès dans la perfection; car la confession, qui fait passer les grands coupables de l'état du péché à l'état de la grâce, fait aussi passer les justes de l'état de justice rigoureuse à l'état de justice consommée ; et ces heureuses transitions se font quelquefois avec une promptitude étonnante. Comme il ne faut pour les opérer que deux choses : le secours de Dieu — et la volonté de l'homme ; comme le secours de Dieu ne nous manque jamais quand nous l'implorons par une prière fervente et assidue, et comme enfin ce secours nous est abondamment proposé dans le sacrement de pénitence, il s'ensuit que si nous
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apportons pour disposition à ce sacrement la volonté ferme, sincère et persévérante de nous en appliquer les fruits dans toute leur étendue, nous ferons plus de progrès dans la perfection pendant quelques semaines seulement, que nous n'en ferions pendant des années entières avec des dispositions équivoques, imparfaites, ou même avec des dispositions ordinaires et communes.
Ceci doit nous faire reconnaître un point bien important, c'est que malgré nos confessions, nos protestations de repentir, nos détestations dupasse, nos bonnes promesses pour l'avenir, il y a au fond de tout cela une volonté faible, languissante, sans nerf et sans ressort, disons le mot, une volonté qui n'en est pas une et qui constitue un état à part, une manière d'être distincte, que notre langue a senti le besoin d'exprimer par un mot qu'elle a créé tout exprès, le mot velléité. Nous croyons vouloir une multitude de choses que, parlerait, nous ne voilions point, du moins de cette volonté ferme qui, si elle était telle, nous ferait, avec l'aide de Dieu, passer rapidement du vouloir à l'acte.
Dans la voie du salut, nous avons presque tous posé notre limite, et nous disons, non pas formellement, mais par le langage expressif de nos œuvres : « N'allons pas plus loin; assez de perfection » comme cela; nous pourrions être mieux, mais » nous sommes bien; cela suffit. » De là qu'arrive-t-il? c'est que nous ne travaillons point à nous corriger de nos défauts tant qu'ils ne nous font pas rétrograder trop notablement en-deçà de la limite que nous nous sommes posée.
Si nous faisions à notre confesseur, ou si nous