‹ Œuvres complètes (volume 4)Chapitre 39 sur 46 · MO · texte numérisé non relu

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nous faisions à nous-mêmes l'aveu sincère de celte disposition, nous pourrions nous sentir frappés de son imperfection et nous déterminer sérieusement à l'améliorer ; mais loin de reconnaître et d'avouer cette disposition, nous nous la dissimulons au contraire, et, chose bien fâcheuse, la confession, qui devrait nous réformer, semble plutôt, par suite de notre aveuglement, nous maintenir dans l'état d'imperfection où nous sommes fixés. Elle est, par notre faute, non pas un remède, mais un voile qui couvre nos misères et qui nous tranquillise en nous ombrageant. Comment cela? C'est tout simple : nous nous confessons, nous déclarons tous les péchés que la conscience nous reproche, nous en faisons un acte de contrition, nous recevons l'absolution, et quoique nous commettions toujours les mêmes fautes et que nous ne fassions jamais d'efforts extraordinaires pour nous en corriger, nous nous retirons satisfaits après chaque confession comme si elle avait produit tous ses effets, ce qui n'a pas lieu, puisque dans les confessions suivantes nous n'apportons jamais des dispositions meilleures. La confession, nous le répétons, est donc entre nos mains, et par notre faute, un instrument inutile au point de vue de notre perfectionnement : elle est un palliatif, elle n'est pas un remède; ou, tout au pins, elle est un acte conservatoire, elle n'est pas un acte à! amélioration et de progrès; elle nous empêche de reculer jusqu'aux abîmes, elle ne nous fait pas parvenir jusqu'au sommet de la sainte montagne.

Que faire pour sortir de cette espèce d'impasse où nous sommes engagés ? Imiter le saint prêtre

qui, dans la voie du salut où il est généreusement entré, ne pose aucune limite et ne dit jamais : « C'est assez; » Sufficit; imiter le saint prêtre qui, voyant devant lui des espaces immenses, s'avance, s'avance toujours à la voix de Jésus qui lui dit comme à Pierre : Duc in altum; imiter le saint prêtre qui, comme le grand Apôtre, oublie les victoires remportées pour courir avec ardeur vers des victoires nouvelles : Quœ rctrô s tint obliviscens, ad ca quœ surit priora extendens meipsum; imiter le saint prêtre enfin, qui, sachant qu'il ne peut jamais être trop parfait dans la carrière du sacerdoce, et que plus il sera saint plus il sauvera d'àmes, et plus il assurera le salut de la sienne propre, ne met jamais de bornes à sa perfection et correspond fidèlement à toutes les grâces que Dieu lui accorde, pour lui prouver qu'il n'est pas sourd à l'invitation qu'il lui adresse par ces mots : Qui sanctus est, sanctifiée tur adhuc; qui justns, justificetur adhuc. Un peu de courage, vénérables confrères, et nous aussi nous serons saints, d'une sainteté vraiment sacerdotale, qui sera le principe de notre vrai bonheur en ce monde et en l'autre.

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