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la procliaiiie confossion, ce à quoi il ne faul jamais manquer, quel que soit l'état du pénitent.
Si vous l'aile.» faire une revue partielle, vous n'avez pas besoin de déployer tout Tappareil d'une confession générale. Sans indiquer clairement que vous allez parcourir l'un après l'autre tous les commandements de Dieu et de l'Eglise, ce qui pourrait re])uter le pénitent en lui faisant croire que cette revue sera très-longue, vous lui direz tout simplement que vous allez Tinterrogcr sur les fautes commises envers Bien, envers le prochain et envers luimènie, ainsi que sur les devoirs de son état. Cela ne vous empêchera pas de suivre dans vos interrogations l'ordre des commandements, sans qu'il s'en aperçoive. Ainsi, par exemple, en Finterrogeant sur ses devoirs envers Dieu, vous lui ferez des questions, sur les trois premiers commandements de Dieu et sur tous les commandements de l'Eglise. En l'interrogeant sur ses devoirs envers le prochain, vous le questionnerez sur le quatrième, le cinquième et le septième commandements de Dieu. En l'interrogeant sur ses devoirs envers lui-même, vous ferez rouler vos questions sur le sixième commandement de Dieu et sur les péchés capitaux ; puis vous n'aurez plus à examiner que les fautes commises contre les devoirs de sa profession. De cette manière, on peut faire en fort peu de temps une longue revue très-exacte. Au reste, si le pénitent avait donné à son examen une autre direc tion et qu'il désirât se confesser selon sa méthode, il faudrait, en général, accéder à son désir. Le reste de la confession se fera comme nous l'avons dit plus haut pour une confession ordinaire.
Si enfia vous faites l'aire une confession générale complète, il faui:, avant de la commencer, exhorter brièvement, mais avec onction, le pénitent à être parfaitement sincère ! Dites- lui de ne pas s'eiTrayor des péchés, peut-être très-graves, qu'il a commis au passé ; donnez-lui l'assurance que plus ils seront considérables, plus vous userez de douceur et de charité en les entendant, etc. Cetle précaution est toujours très-utile et dispose le pénitent à faire sincèrement l'aveu de toutes ses fautes. Parcourez ensuite les commandements de Dieu et de l'Eglise, les péchés capitaux et les devoirs d'état. Quelques pénitents veulent partager leur vie en époques et se confesser successivement des péchés commis dans chaque période. C'est beau coup plus long, car on fait alors presque autant de confessions générales qu'il y a de périodes, puisqu'on suit pour chacune l'ordre des commandements, des péchés capitaux et des devoirs d'état. Nous ne pensons pas qu'on y gagne beaucoup, sous le rapport de l'intégrité. En suivant la méthode ordinaire, on peut aisément et l'on doit tenir compte, sur chaque commandement, des péchés commis aux diverses époques de la vie, ce qui suffit pour que la confession soit, moralement parlant, aussi entière que possible.
Quelquefois on peut, par exception, examiner tout d'abord le pénitent sur le sixième commandement. C'est, par exemple, lorsqu'il est tout troublé et presque exclusivement préoccupé des péchés graves qu'il a commis contre la sainte vertu. Proposez-lui, dans ce cas, de se décharger immédiatement du fardeau qui l'oppresse ; vous
lui procurerez par là un grand soulagement qui Taidera à faire sa confession générale avec pins de calme et d'exactitude.
Ne recherchez pas minutieusement les péchés qui évidemment ne sont que véniels : leur accusation n'est pas nécessaire; elle rend la confession générale beaucoup plus longue, et la déclaration des péchés mortels vous fera suffisamment connaître les péchés véniels , sans qu'on vous les confesse expressément.
Si le pénitent vous prie de l'interroger, même avant qu'il se soit confessé d'aucun péché, interj'ogez-le, et, après l'avoir examiné sur un commandement, demandez-lui s'il se souvient encore de quelques péchés contre ce commandement avant de passer au suivant.
S'il fait lui-même et lui seul son accusation, ne le troublez pas par une multitude d'interrogations sur chaque péché qu'il déclare ; mais souvenezvous des circonstances sur lesquelles il est important de revenir, et revenez-y en effet quand il aura confessé tous les péchés qu'il se rappellera contre un commandement. Si cependant vous remarquiez qu'il ne se trouble pas quand vous lui demandez quelques explications, demandez-les-lui immédiatement si vous croyez qu'elles soient nécessaires ; vous serez plus sur de ne les pas oublier.
Ne fatiguez pas le pénitent par des séances trop longues ; quelquefois il en est si incommodé qu'il se trouve mal dans le confessionnal ; et puis, cela ennuie singulièrement ceux qui attendent.
Bornez-vous au strict nécessaire, surtout en ce qui touche le sixième commandement. Les jeunes n. 23.
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pivtres doiîiient souvent à cet égarJ Jans un excès plus nuisilîie qu'ulile. Quelque étendue que soit cerie rnalière, elle est bientôt épuisée quand on ne demande que ce qu'on doit rigoureusement demander. Revoyez ce que disent à ce sujet les théologiens les plus estimés : en vous conformant à leur enseignement, vous pourrez quelquefois réduire de plus de moitié vos interrogaiions.
Usez d'une prudence extrême en interrogeant, sur le sixième commandement, les enfants et les personnes plus càgées en qui vous ne voyez pas de désordres contre la pureté. Prenez bien garde, par des questions indiscrètes, d'apprendre le mal à ceux qui l'ignorent. Commencez par demander si Ton a commis quelques fautes impures et quelles sont ces fautes. Si vous allez plus loin, interrogez d'abord sur les pensées ; et si des enfants vous disent qu'ils en ont eu de mauvaises, faites-leur dire précisément à quoi ils pensaient quand ils avaient ces mauvaises pensées ; vous verrez souvent qu'elles n'étaient nullement contre la sainte vertu. Quelquefois cependant on voit des enfants qui disent n'avoir pas eu de mauvaises pensées, et qui s'accusent ensuite d'actions impures trèsgraves : cela vient de ce qu'ils ne savent pas ce que c'est qu'une mauvaise pensée. Tout ceci demande beaucoup de prudence et de réserve.
Si l'on vous confesse des péchés énormes, pas un mot, pas un geste, pas un simple soupir étouffé, rien enfm qui annonce Tétonnement et l'espèce d'horreur que ces péchés vous inspirent. Si même vous remarquez beaucoup de confusion et un peu d'embarras chez 1e pénitent, soulagez-le par quelques
pai'oles dencoMr.igeineiit. Dites-lui, par exemple : « Ne vous troublez pas, mon enfant ; rien ne » m'étonne de la part d'un pauvre pécheur qui a » rompu avec Dieu pour se mettre au service de » la passion ; ce qui m'étonne, au contraire, c'est » qu'il ne se soit pas encore rendu plus coupable. » llappelez-vous ce mot de saint Augustin : // n'y » a pas un seul péché commis par un homme , qui no )) puisse être commis par im autre homme. Je vous » assure, mon enfant, que plus vous me déclarez » de péchés graves, plus je me sens heureux; non )) pas sans doute que je me réjouisse que vous les » ayez commis, mais puisque le mal est fait, je me )) réjouis du fond de l'àme que vous preniez coura- )) geusementlemoyende le détruire. Oh! que vous » allez être content dans quelques instants ! Ne » rètes-vous pas déjà beaucoup plus qu'au com- » mencement de votre confession ! Courage donc, )) mon enfant, courage ; encore quelques aveux, et » vous allez respirer à l'aise. »
Après une confession générale, ne manquez pas, quand vous donnerez l'absolution, de presser vivement le pénitent de revenir très-prochainement à confesse. Faites-lui comprendre que, quoique réconcilié avec Dieu, il est encore bien faible, et que le vrai moyen de s'affermir, c'est de recevoir souvent les sacrements, surtout jusqu'à ce qu'il ait contracté rhabilude de la vertu. Nous attachons à ce point une haute importante. Il y a des confesseurs froids et indifférents qui abandonnent les pécheurs à eux-mêmes quand ils les ont retirés de l'abîme et qui n'ont pas seulement la pensée de les engager à se confesser de nouveau sous un
bref délai. Celte négligence est quelquefois la cause de rechutes graves et pernicieuses.
Terminons cette importante matière en signalant certains confesseurs qui remplissent fort mal le divin ministère qui leur est confié.
Il y a d'abord des confesseurs trop indulgents. Ils confondent la faiblesse avec Findulgence et ressemblent à ces parents aveugles qui gâtent leurs enfants au lieu de les corriger. Enclins par nature à la douceur et à la bonté, ils exagèrent ces deux excellentes choses, et pour s'épargner la peine d'une réprimande, ils ont toujours des excuses toutes prêtes pour pallier les péchés qu'on leur déclare. Presque jamais ils ne disent nettement : Ceci est mal, il faut travailler sérieusement à s'en corriger. Les décisions les plus larges, que les théologiens les moins sévères regardent comme relâchées, sont celles qu'ils adoptent. Quelquefois, par une bizarrerie inexplicable, ils sont sévères en spéculation, sévères surtout dans la chaire, tandis que, dans la pratique, leur indulgence est sans bornes. Ils croient parla gagner les pécheurs, et très-souvent les pécheurs eux-mêmes sont les premiers à dire qu'ils sont trop doux, et que leur excès de douceur leur inspire des craintes et diminue leur confiance. Au lieu de faire la guerre au péché, ils transigent avec lui et se croient de bons confesseurs et do tendres pères parce que, suivant l'expression vulgaire, ils passent tout. C'est un abus des plus graves et des plus compromettants pour Je oalut des pénitents et des confesseurs eux-mèinas. Suivons les théologiens d'une doctrine approuvée quoique peu sévère, si nous vou-
Ions ; mais n'allons pas plus loin qu'eux, et souvenons-nous bien que ce ne sont pas, généralement, les règles qui rebutent les pénitents, mais la manière sèclie et austère dont on les applique. Nous aurons rarement trop d'indulgence et de bonté pour recevoir les pécheurs et traiter avec eux ; mais nous en aurons certainement trop si nous voulons toujours excuser leurs péchés ou laisser passer sans rien dire ce que nous devons reprendre avec la douce énergie du vrai zèle : c'est le cas d'appliquer celte maxime : Suaviter m modo, fortitev in re.
Il y a, au contraire, des confesseurs tropsécères: autre excès dont les funestes conséquejices sont incalculables. Rigides par caractère, ils sont toujours campés dans la région des tempêtes. Tout les agace et les irrite; l'annonce d'une réduite leur fait aussitôt proférer des paroles de mécontentement et de reproche ; la manière peu exacte et peu correcte dont on se confesse, leur suggère sur-lechamp une verte réprimande ; la grossièreté de certains pénitents, qu'ils devraient supporter avec une indulgente bonté, provoque au contraire leur humeur violente ; les discussions surtout que soutiennent des pécheurs récalcitrants qu'ils ont peine à convaincre , les mettent hors d'eux-mêmes et, prenant la vivacité pour un argument sans réplique, ils congédient brusquement de pauvres prodigues, qu'ils gagneraient peut-être par une conduite plus miséricordieuse. C'est sous la direction de ces hommes que les pécheurs se découragent et abandonnent les sacrements ; c'est sous leur direction que les âmes les plus saintes , n'osant leur
déclarer uu pck-lié grave commis dans un moment de faiblesse, se jettent dans Fabime du sacrilège où elles passent quelquefois toute leur vie : malheur eiTroyable qu'ils ne soupçonnent pas même ! Les confesseurs de cette trempe croiraient forfaire aux devoirs impérieux de leur charge, sils n'adoptaient pas sur tous les points les principes les plus sévères. Confondant même le mortel nvec le véniel, ils faussent les consciences par des décisions imprudentes et renvoient sans pitié comme indignes d'absolution des âmes, qui, se croyant en état de damnation, se livrent au désespoir et tombent quelquefois dans des péchés énormes. Gardons-nous dimiter jamais ce zèle impétueux qui a perdu tant d'àmes. Que le seigneur Jésus soit notre modèle. Est-ce avec cette rigueur qu'il a traité Zachée, Madelaine, la femme adultère, la Samaritaine et tant d'autres? Est-ce sous ces traits qu'il s'est peint dans la ravissante parabole de l'Enfant prodigue? Ah! que nous serions coupables si nous étions des juges inflexibles sur le tribunal de la miséricorde !
Il y a des confesseurs ignorants , routiniers , etc. Pour ceux-ci, plus de règles, plus de principes. Guidés par la fausse lueur de je ne sais quelle théologie du bon sens, comme ils rappellent, ils manœuvrent, ils décident, ils taillent, ils tranchent sans aucune connaissance tant soit peu approfondie des matières qu'ils traitent. Leur conduite passée, voilà la grande règle de leur conduite présente. Ce qu'ils ont fait jusque-là; ils le font, ils le feront toujours. Parce qu'ils ont un peu étudié autrefois, ils croient n'avoir plus rien à apprendre
cl n'avoii' lieii oiibiié. lies livres frivoles, ils en lisent à satiété ; des livres ihéologiques, ils n'en lisent iuicun, et laissent en repos ceux qu'ils possèdent dans le coin le moins fréquenté de leurs bi!)liotbèqucs. Comme jamais ils ne doutent, jamais non plus ils ne consultent. Les questions les plus graves et les plus épineuses sont pour eux des c[uestions puériles, et s'ils voient de temps eu temps qu'elles embarrassent quelques-uns de leurs confrères, ils rient en secret de leurs indécisions et ne pensent pas seulement à s'assurer s'ils suivent eux-mêmes les saines doctrines en ces matières délicates. Et, qu'on ne s'y trompe pas, cette ignorance se trouve quelquefois chez ceux qui sont instruits d'ailleurs, tout aussi bien que chez qui . manquent totalement d'instruclion. On peut tout savoir, excepté un point ; et si ce point est grave, si c'est, par exemple, la théologie qu'un confesseur ignore, quelles que soient ses autres connaissances, il n'en fera pas moins des fautes considérables dans l'exercice. de son ministère. Tremblons, tremblons d'en venir là; étudions, étudions sans cesse ; jamais nous ne reverrons notre théologie morale sans y apprendre quelque chose qui nous avait d'abord échappé. Quelque dose de talent que nous puissions avoir, nous pouvons faire fausse route dans l'art si difficile et si important delà conduite des âmes. La pensée môme de notre talent est une illusion des plus dangereuses, qui nous persuade que nous savons ce que, par le fait, nous ne savons point ou nous ne savons plus, il y a des confesseurs sans zèle, sans attrait pour le ministère de la confession. Cela est déplorable,
mais mallicurcusement cela est vrai. Oui, l'on voit des prèires, pasteurs de paroisses, tellement dégoûtés du saint tribunal, qu'ils s'y traînent avec indolence, au lieu d'y voler avec une sainte ardeur. C'est le zèle qui leur fait défaut. L'amour du jeu, de la bonne chère, des voyages et des visites mondaines les absorbe tout entiers. Comme il n'y a rien de plus opposé à ces futilités qu'une séance au confessionnal, ils font tout ce qu'ils peuvent pour s'y soustraire. Encore s'ils dissimulaient, par un reste de vertu, l'eDmii que ce ministère leur cause ; mais non, tout le monde sait, et peut-être ne sont-ils pas fâchés qu'on le sache, que la confession les fatigue et les rebute. Leur dégoût, sur ce point, se trahit par le défaut d'heures réglées pour entendre les confessions, par la mauvaise réception qu'ils font à ceux qui se présentent pour se confesser, par le peu de zèle qu'ils mettent à courir après les pécheurs, par la froideur avec laquelle ils accueillent les pénitents, par la rapidité avec laquelle ils les expédient, par l'ardeur cju'ils montrent au contraire pour de vains amusements, et, le croirait-on ? par la déclaration positive qu'ils font que les confessions les plus fréquentes ne sont pas les meilleures. Ces indices, qui ne trompent personne, font voir manifestement à tout le monde que la confession leur est antipathique. Or, sachonsle bien, quand un prêtre est connu pour ne pas himer la confession, c'en est fait de son ministère. Sous sa conduite, les pécheurs restent pécheurs, les tièdes restent tièdes, les àmcs pieuses ellesmêmes se refroidissent et s'éloignent du saint tribunal, dans la crainte de mécontenter, en s'y
rciulaut, celui qui les ropoust^o par son iiisoiiciancc. Oiiel malheur si nous ressemblions jamais à cet homme froid et sans zèleî Vivons en sahits prêtres, aimons la retraite, fuyons le monde, soyons des hommes de règle, d'étude et de prière, faisons savoir que le saint tribunal est pour nous un lieu de douce consolation, méditons souvent sur le prix des âmes, sur l'importance du ministère de la confession, importance que rien n'égale dans toutes les fonctions du sacerdoce, et alors nous serons des confesseurs bénis de Dieu et des hommes.
11 y a des confesseurs qui négligent une portion très -intéressante du troupeau de Jésus-Christ : les enfants (1). Qui nous donnera d'allumer le feu du zèle dans l'àme des prêtres pour le salut des petits agneaux du divin Sauveur ? Nous disons tous les jours que la culture du jeune âge exerce une influence immense sur lo reste de la vie, et nous négligeons les enfants ! Explique qui pourra cet excès d'inconséquence. A voir la conduite d'un trèsgrand nombre de confesseurs à l'égard des enfants, on dirait qu'ils ne peuvent leur être utiles au saint tribunal qu'à l'époque de leur première communion. Jusqu'à cette époque, s'ils les confessent, c'est par manière d'acquit, sans goût, saus attrait, sans le moindre intérêt, et uniquement pour oijéir à uiie vieille coutume, qui veut que les enfants se présentent de temps en temps à confesse comme des automates, (juils soient en état de grâce ou qu'ils n'y soient plus; qu'ils soient purs comme des anges
(1) Voyoz le Directeur de Veiifince, par M. TaLbé Ody; ouvrage très-utile et cpii mérite dï-tre reconunundé et propagé.
ou ooiTOiiipiis déjà jusqii'à la moelle des os ; qu'ils soient iustruiis de leur religion ou ignorants comme des sauvages ; qu'ils soient accessibles à la contrition, pour peu qu'on veuille se donner ia peine de la développer dans leur âme, ou qu'ils soient endurcis déjà comme de vieux pécheurs, c'est de quoi s'embarrassent fort peu les confesseurs dont nous parlons. L'époque de la première communion, et cette époque seule, excitera subitement l'ardeur de leur zèle. Jusque-là ils dormiront tranquilles, et après quelques paroles glacées, ils renverront ces pauvres enfants dans l'abîme de péchés où si souvent ils croupissent.
Nous l'affirmons avec l'énergie d'une inébranlable conviction : il y a dans cette conduite ou de Finsouciance, ou de l'aveuglement, ou de l'ignorance, ou de l'insensibilité poussée jusqu'à une espèce de cruauté spirituelle.
Nous l'affirmons encore et avec un redoublement de conviction : plusieurs enfants soîit capables d'absolution avant l'époque de leur première comjnunion ; ils peuvent, avec un peu de soin et de culture, y être disposés très-convenablement ; ils sont exposés, et cela se voit tous les jours, à des accidents subits qui leur enlèvent en quelques instants la possibilité de se confesser ; ils s'endurciront dans le mal, peut-éire pour toute leur vie, si on ne les en retire pas par des confessions fréquentes et des absolutions données à propos ; et la première communion, sur laquelle on compte pour les régénérer, sera peut-être un premier sacrilège, suivi d'une infinité d'autres qu'il eût été facile de prévenir.
N'agissez pas ainsi, jeunes et tendres amis ; cul-
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li\c/, cullivcz roiifanco ; iusiruisoz Jos [jt^lils oiU'anis au saint Iriljunal ; faites-leur comprendre ce que c'est que le péché mortel, à quoi ils s'exposent quand ils le commettent, l'ouîrage qu'ils font à Dieu, la nécessité d'en sortir, etc. ; et quand vous les aurez disposés suffisamment à l'absolution, ne manquez pas de la leur donner, car vous répondrez de leurs âmes comme do celle dos adultes. C'est, au reste, renseignement commun aujourd'hui, et la routine seule persiste à plaider pour un ancien usage, qui n'a, hélas ! que trop longtemps prévalu.
il y a eniui des confesseurs qui ne dirigent pas leurs pénitents et qui les laissent se diriger euxmêmes. Nous prions Instamment nos jeunes lecteurs de prêter une attention toute particulière à ce que nous allons leur dire sur ce point si important.
En général, tout confesseur se croit un bon confesseur ; il a sa petite méthode qu'il trouve excellente, et comme il en est l'auteur et que personne n'ose lui dire qu elle est défectueuse, il la suit invarialilement et la préfère à toute autre. Or, il est certain qu'il y a beaucoup de confesseurs qui laissent singulièrement à désirer, relativement à la direction proprement dite de leurs pénitents. Des donneurs d'absolution, nous en avons à foison ; mais des directeurs qui cultivent avec soin et avec un zèle intelligent les âmes que Dieu leur confie, nous croyons fermement qu'ils sont en très-petit nom])re.
Nous entendons tous les jours et de tous cotés des personnes du monde qui nous disent: indiqueznous donc un bon coiifesseur. Nous leur en pro-
posons successivement plusieurs ; mais, connaissant par elles-mêmes leur mode de direction, ou en ayant entendu parler à quelques-uns de leurs pénitents, elles nous répondent que ces confesseurs sont loin de les sallsfaire. Si ces personnes étaient peu éclairées, scrupuleuses ou exigeantes à l'excès, nous ne ferions pas grand cas de leurs réckunations et de leurs plaintes ; mais ce sont souvent des personnes graves, d'un excellent esprit, remplies de bonne volonté, et désirant sincèrement trouver dans leur confesseur un homme qui les aide à se corriger de leurs défauts et à progresser dans la vertu. Il faut convenir que ces diverses qualités donnent du poids à leurs censures. Que reprochent-elles donc, en général, aux confesseurs? Elles disent : « Tel confesseur écoute ce qu'on lui » déclare, mais il se borne à l'écouter sans faire » la moindre observation sur ce qu'on lui con- » fesse : il ne fait aucune question, il ne demaufle » aucun éclaircissement, il ne va jamais au fond » des choses, il ne fait point ressortir la malice » des péchés dont on s'accuse, il n'en montre 0 point les conséquences, il n'indique point les » moyens de se corriger de ses défauts, il ne dit » pas un mot, même dans son exhortation, des » péchés dont on s'est confessé ; il laisse dans le » doute si telle ou telle faute est mortelle ou vé- » nielle ; en un mot, il prend ce quon lui donne et » passe outre, comme si on ne lui avait dit que » des choses insignifiantes, et, la confession finie, » il ne nous dit pas même quand il faudra revenir » à confesse : or, cette espèce d'indifférence nous w met mal à l'aise ; nous en sommes réduits à
noiin diriger nous-m'iraos, et comme nous ne )» voyons aucune amélioration dans notre conduite, » nous en concluons que, pour op-érer une réforme, )) que nous disirons siucèremout au fond, il fau- » drait que notre propre direction fut soutenue, » réglée et fortifiée par celle de notre confesseur, » ce qui n'a pas lieu. »
Comment ne pas voir que ces observations sont judicieuses, et que le confesseur qui se les attire mérite réellement les reproches qu'on lui fait? Mctlez-les à profit, vous, jeune et bien-aimé confrère. Vous n'avez point encore de méthode ou plutôt de routine adoptée; prenez donc la résolulion de cultiver sans relâche les âmes que la divine Providence placera sous votre direction. Imitez le bon jardinier qui soigne parfaitement tous les arbres de son jardin, et ne ressemblez pas à cet horticulteur indolent, qui les a])andonne à euxmêmes sans s'occuper de les tailler, de les diriger, do les cultiver suivant les besoins particuliers de chacun. En d'autres termes, ne bornez pas le ministère du saint tribunal à entendre les pénitents et à lever la main pour les absoudre ; ne vous contentez pas de leur adresser une exhortation vague qui n'emijrasse rien de précis parce qu'elle embrasse tout en bloc : c'est quelque chose, sans doute, mais ce n'est pas à beaucoup près tout ce que Dieu demande de vous. Si vous ne faites que cela, vous laisserez une multitude d'àmes dans l'ignorance, dans l'aveuglement, ou dans des incertitudes plus pénibles et plus dangereuses encore, à certains égards, que l'ignorance elle-même; vous les entretiendrez dans des habitudes qui de-
viendront morlellos, si elles ne le fiont pas déjà ; et tons ces égarements étant le iruit de votre mauvaise direction ou plutôt do voire défaut complet do direction, vous seront justement imputables.
Pour ne pas perdre les âmes que vous devez sauver, traitez chaque péniicnt comme un médecin éclairé traite ses malades, el non comme ces charlatans et ces empiriques qui ont le môme remède pour toutes les maladies. Spirituellement parlant, tous vos pénitents sont des malades dont vous devez entreprendre la guérison. Examinez donc à fond les maladies dont ils sont atteints ; interrogezles , éclairez-les, reprenez-les, intruisez-les des moyens qu'ils doivent employer pour no pas faire de nouvelles chutes : ressuscitez les morts et apprenez-leur le secret de ne plus mourir; aficrmissez les faibles et faites-leur voir les funestes conséquences de leur faiblesse ; fortifiez même les robustes et rendez-les en quelque sorte invulnérables. Ne fissioz-vous que leur prouver, par les empressements de votre zèle, que vous leur portez un vif intérôr, ce serait déjà pour eux un encouragement et une consolation, en même temps que ce serait pour vous un moyen assuré de gagner leur confiance ; mais là ne se bornera pas le fruit de voire sage direction; -elle en porîcra bien d'autres que jamais vous n'obtiendrez, si vous n'êtes que co?ifesseup au lieu d'être directeur dans la rigoureuse acceplion de ce mot. Au rcsle, ce n'est pas nous qui inventons ces règles ; nous les avons reçues, comme tous nos confrères, do rEvSprit saint lui-m^ême, qui nous dit par la bouche du grand Apotrc : Liàta opportu-iè, importiuièy anjuc, obse-
— ill) —
cra, incrcpo., in omni patieiitiâ et chtctrind vi-
gila, in omnibus lahora , ministenitm tmim ini-
j)le..^o\\h. ce que fait îe bon confesseur, et voilà ce que vous devez faire à son exemple si vous voulez glorifier Dieu, ferlilifior votre ministère, sauver des àmcs et vous sauver vous-même. Au nom de Jésus-Christ qui vous appelle à riioiineur d'être son ministre, nous vous conjurons de ne sordr jamais de la ligne de conduite que nous venons de vous tracer (1).