DU
— Y a-t-il longîomps que vous no vous oies confessé ?
— Environ six mois, mon Père.
— Ileçiites-vous alors rabsolulion ?
— Oui, mon Père.
— N'avcz-vous rien, mon enfant, qui vous iroubliî la conscience dans votre vie passée ?
— Non, mon Père, je suis tranquille sur mes anciennes confessions.
Si, au lieu de celte réponse, on vous disait ou si seulement on vous laissait entrevoir par un air de réticence et do contrainte, qu'on n'est pas parfaitement rassuré sur les confessions précédentes, éclaircissezlc mystère qu'on ne vous révèle qu'imparfaitement et dites avec une grande douceur :
— Mettez-vous parfaitem.ent à l'aise, mon enfant; déclarez-moi bien franchement tout ce qui vous fait ombrage; aulant la mauvaise conscience est insupportable, autant la bonne est accompagnée de douceur et de consola' ion. Oh 1 que vous serez content quand vous m'aurez dit tout ce que vous avez dans l'àme !
Quelquefois ce n'est pas à beaucoup près la disposition ordinaire) on trouve des pénitents si timides, que ces moyens et d'anlres plus engageants encore ne suffisent pas pour obîeriir les aveux qu'on désire. C'est dans ce cas qu'il faut user d'une excessive douceur et des industries du vrai zèle pour atteindre son but. Il y a des pénitents si enveloppés et si peu disposés à manifester leurs misères, que, dans une confession d'une demiheure, on ne peut leur arracher que trois ou quatre péchés. C'est un supplice pour les confesseurs;
mais ils cloivent s'abstenir, avec un soin extrême, de toute démonstration d'impatience et d'ennui. Ceci doit faire voir à quoi s'exposent des confesseurs froids et indifférents qni laissent aux pénitents toute la cliarge de la confession, sansValléger par quelques bonnes paroles.
Quand on a obtenu des aveux précis et suffisamment détaillés, il faut voir si la conscience du pénitent est en assez bon état pour qu'on n'ait pas iDesoin de lui faire faire une confession générale. S'il en est ainsi, on lui dit d'être tranquille sur les confessioîis précédentes, et l'on se borne seulement à reciiercber les fautes qu'il a commises depuis la dernière absolution. 11 va sans dire que c'est à cette dernière absolution qu'il faut remonter, lors même qu'il y aurait eu depuis quelques confessions sans absolution.
Les jeunes confesseurs doivent être en garde contre la tentation d'exiger trop légèrement des confessions générales ou des revues partielles de tous les pénitents qu'ils confessent; cela ne serait pas sans inconvénient, même très-grave, surtout pour les pénitents qui seraient fort timides et qui témoigneraient une grande répugnance à recommencer leurs confessions. Rappelons-nous que , selon les meilleurs théologiens, il ne faut obliger les pénitents à faire des confessions générales, que quand on a de fortes raisons de croire que les confessions antérieures n'ont pas été bonnes.
Première règle : Quand un pénitent n'est pas scrupuleux, ce dont il faut s'assurer avant tout, faites-lui faire une confession générale s'il en exprimo lui-même formellement le désir. Encore
l)ioii que vous no voyiez pas posilivcmcnt qu'il soit néccssairo do fairo colle confession générale, vous devez croire que le péniteni a, pour s'y déterminer, des raisons sccrèles qu'ils vous fera connaîlre dans le cours de la confession.
Deuxième règle : Si le pénitent veut absolument revenir sur le passé, failes-lui plutôt faire une confession générale qu'une revue partielle, à moins qu'il ne vous soit bien démontré qu'au delà dételle époque sa conscience était en un parfait état. Une confession générale n'est pas beaucoup plus longue qu'une revue de quinze ou vingt ans, et souvent quand, pour gagner du temps, on ne fait faire qu'une revue, on s'aperçoit dans le cours de coite revue qu'une confession de toute la vie est nécessaire et qu'il eût été plus court de commencer par là.
Troisième règle : Si le péniteni, après sa dernière absolution, est retombé presque aussitôt dans le péché mortel, et si, par une ou deux interrogations, V(jus voyez que la fréquence de ce péché constitue une habitude, et qu'avant la dernière absolution les choses se passaient comme elles se sont passées depuis, insistez fortement pour une confession générale ; car elle est très-souvent nécessaire en ces circonstances, par défaut de contrition, et quand bien mémo cette nécessité ne serait pas évidente, vous profiLer;^:^ de l'occasion pour dissiper l'illusion du péniten- e. lui faire voir que son péché est plus grave qu'il :.e pense, puisque son habitude nécessite une co:i:ession générale. On voit bien des pénitents ouvrir les yeux quand on appelle ainsi leur attention toute spé-
oiale sur une habitude dont ils avaient jusque-là ignoré la grièveté. u Ah! disent-ils avec surprise, » si mon confesseur m'avait éclairé coninK) vous » venez de le fidre, je n'en serais pas où j'en >y suis. » Et cela, malheureusement, n'est souvent que trop vrai.
Les choses étant éclaircics de la sorte, vous verrez nettement quelle sorte de confession votre pénitent devra faire. Ce sera ou une confession ordinaire, ou une revue partielle, ou une confession générale.
Si vous ne faites faire qu'une confession ordinaire, vous pourrez, si le pénitent semble suffisamment instruit et n'a pas l'air trop timide, lui dire de s'accuser des fautes dont il se souvient depuis sn dernière aljsolution. Quand il aura dit tout ce qu'il se rappellera, vous supriléerez à son accusation par quelques interrogations appropriées à ses besoins spirituels et à sa condition. Pour être renseigné sur ce dernier point, vous lui demanderez, s'il ne vous l'a pas déjà dit, quelle est sa profession, s'il est marié, s'il a des enfants, etc. : puis, quand l'accusation et les interrogations seront terminées, vous lui direz d'achever le Confiteor et vous lui ferez une exhortation, qui ne devra pas être très-longue, mais précise, substantielle, pressante, onctueuse et toujours relative aux principaux défauts qu'il vous aura fait connaître. Nous reviendrons un peu plus loin sur cette exhortation. Cela fait, vous imposerez une pénitence en rapport avec l'état de conscience du pénitent, et vous donnerez l'absolution ou la bénédiction selon les circonstances. Enfin, vous fixerez Tépoque de