‹ Œuvres complètesChapitre 52 sur 55 · Braver l'opinion publique qui censure · texte numérisé non relu

Braver l'opinion publique qui censure

certaines fréquentations qu'on devrait s'interdire ;

— perdre reetime de la paroisse en s'obstinant à visitej ou à recevoir des personnes connues par la légèreté de leur conduite.

Tels sont, ce nous semble, les signes ordinaires de la tiédeur et du relâchement chez les prêtres. Ajoutons seulement les caractères suivants, qui conviennent plus particulièrement aux prêtres récemment ordonnés,

40. — Être mal avec son curé, dès les premiers jours ; — lui montrer de la froideur ; — recevoir ses observations et ses avis avec hauteur et dédain;

— lui dire positivement qu'on ne fera point telle ou telle chose qu'il demande ; — le mécontenter enfin et même le scandaliser par une conduite à laquelle il était loin de s'attendre de la part d'un jeune homme sortant du séminaire.

41. — Se dégoûter de très-bonne heure de la vie paisible du presbytère ; — prendre son vol vers les paroisses voisines ; — se lier avec quelque jeune prêtre fort peu fervent ; — s'absenter souvent sans en prévenir son curé et sachant bien que ces absences lui déplaisent.

42. — Mettre son règlement et même tout règlement de côté au bout de quelques semaines, vivant sans ordre, n'aimant plus sa chambre, n'allant guère à l'église que par nécessité, et omettant déjà, sans se le reprocher, plusieurs exercices de piété qu'on s'était promis d'observer fidèlement tous les jours.

43. — Se répandre beaucoup trop dans la paroisse ; — rechercher par vanité l'estime et les louantes dea paroissiens ; — s'enorgueillir du bon

accueil qu'on eu reçoit ; — froisser son curé par (les visites qu'on ne devrait pas faire sans le consulter ; — se montrer très-gracieux et très-aimable dans certaines maisons où l'on sait bien que le curé n'est pas goûté.

-4 4. — Désirer un grand nombre de pénitents plutôt par vaine gloire que par zèle ; — faire étalage devant ses confrères de sa nombreuse clientèle; — recevoir sans difficulté tous les pénitents qui se présentent, sans s'assurer s'ils ont réellement des raisons suffisamment graves pour changer de confesseur.

45. — Se glorifier du talent qu'on croit avoir pour la prédication ; — n'estimer que cette branche du ministère et négliger les autres ; — prêcher de tous côtés dans les paroisses voisines, sachant bien qu'on fait peine à son curé par les fréquentes absences que nécessitent ces prédications, — se croire capable de prêcher d'abondance parce qu'on parle avec une certaine facilité; — monter en chaire et catéchiser sans préparation et par conséquent sans fruit, oubliant que la parole de Dieu est sacrée et doit être traitée avec un souverain respect.

46. — Enfin, renoncer à l'étude et se dégoûter des livres sérieux ; — se faire une routine pour l'administration du sacrement de pénitence, dédaignant de revoir au moins la théologie morale, pour s'assurer si les décisions qu'on donne sont conformes aux vrais principes.

Nous ne croyons pas pouvoir entrer dans des détails plus précis pour éclairer nos jeunes lecteurs. Si malheureusement ils viennent à se reconnaître plus tard dans le miroir placé en ce 11. 27.

raoïfteat sous Leurs yeux, nous les conjurons, dans les plus ciiers intérêts de leurs âmes et de leur ministère, de remédier au mal dès qu'ils le verront se produire ; car s'il est un fait démontré par l'expérience de tous les temps et de tous les lieux, c'est qu'un prêtre qui a contracté l'habitude du relâchement, ne revient presque jamais à l'heureux état de la ferveur.

Du reste, n'oublions pas que la réunion de tous les signes de la tiédeur que nous venons d'indiquer, n'est nullement nécessaire pour qu'on puisse être taxé de relâchement. Un prêtre peut être réellement tiède, quoique quelques-uns de nos caractères ne lui conviennent point.

Il nous semble que la lecture de ce qui vient d'être dit pourrait être très-utile quand on se dispose à aller à confesse. C'est un examen de conscience tout préparé, qui vaudrait probablement mieux que celui qu'on fait quand on commence à subir les funestes influences de la routine.

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