‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 2)Chapitre 1 sur 279 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La « docte obscurité » que Ronsard avait affectée dans les premières éditions de ses OJes et de ses Amours, de 1549 à 1553, et qu'il ne se décidait pas à condamner, fut cause que, même après s'être réconcilié avec M. de Saint-Gelais, même après avoir fait à la masse des lecteurs les concessions que nous avons vues ', il trouva encore en 1553 de l'opposition à la Cour. Des courtisans inconnus continuèrent à railler un poète qui avait besoin pour être compris d'un interprète, tel que l'humaniste Muret commentateur de la seconde édition des Amours ^ Nous en avons des preuves : 1° dans VEpitafe de Hugues Salel, qui n'a pu être composée avant la deuxième moitié de 1553 et fut publiée au début de 1554 (Ronsard y parle de ces médisances, si nuisibles à son avenir, comme d'une calamité toujours présente); 2° dans les ïambes contre un niesdisant de Ronsard, qui parurent à la fin des Gayele^ d'Olivier de Magny en juin 1554; 3° dans un chaleureux remerciement de Ronsard à Magny, également imprimé à la fin de ce recueil. C'est seulement au printemps de 1534, dans un poème adressé à François Charbonnier, que notre poète put se dire « sauvé des flots de la tempeste » '.

Mais ce qu'il ne f;iut pas craindre de répéter, c'est qu'il n'attendit pas d'être unanimement reconnu le plus grand poète de France pour daigner descendre de son Olympe et écrire, comme ses prédécesseurs, des poésies lyriques de courte haleine, d'allures simples ou libres, capables de plaire aux gens de Cour et de lui

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