INTRODUCTION
Les mC-mcs obscnations s'appliquent au recueil des Mfilam^fs, imprimé en même temps que le lioiiitjf. 11 en était comme une i< suite », à preuve le titre courant : //« livre du Bocage, qu'on lit sur quelques-uns de ses feuillets '. Ronsard le dédiait à Jean Brinon, (ils d'un ancien premier Président au Parlement de Rouen et lui-même conseiller au Parlement de Paris. Hors de la Cour, il n'est pas d'homnie au xvi» siècle qui ait reçu plus de louanges des écrivains et des artistes que ce Jean Brinon ; à moins que ce ne soit Pierre Pasclial, mais pour être chanté Brinon s'y prenait d'une façon plus honnête et il ne compta que des amis jusqu'à sa mort. C'était un magistrat joyeu.\ et prodigue, un viveur, qui avait la passion des poètes, des peintres et des musiciens; lui-même jouait de la guitare, chantait et pêtrarquisait ; l'hospitalité qu'il leur offrait, peut-être en compagnie de Sidère, sa maîtresse et sa collaboratrice, soit à Paris, soit dans ses propriétés de Villennes et de Médan, était digne d'un grand seigneur. Son insigne beauté, sa conversation spirituelle, ses repas fastueux (on y buvait le Malvoisie dans des coupes d'or), ses divertissements de choix, ses riches cadeaux lui gagnaient tous les coeurs, et c'était à qui célébrerait de son mieux ce Mécène d'un nouveau genre '.
Ronsard, à qui Brinon avait offert, en témoignage de singulière amitié, successivement un verre, une statue de Bacchus, une panoplie et un magnifique chien, lui adressa en retour une Elégie du Verre, un Hymne de Bacchus, un poème sur les Arma, un poème sur la Chasse, qui parurent dans les Meslanges. Ils étaient bien faits pour s'entendre ; détail significatif, ce recueil contenait encore trois pièces à l'adresse de Brinon : une élégie et