Hl. Et plus d'honneur tu recevras
lieu d"uii simple jeu d'im.-igin.iiion, peut-être faudrait-il expliquer ainsi une rupture que Roiis.ird a expliquée tout .lutrcniciit dans son Elégie à sou livre de IS56 : Mon fils, si tu ssavois... Cela est d'autant plus vraisemblable que Ronsard a supprimé dès 1560 cette odelette où il avouait son tort.
1. Cette expression qui signifie primitivement : demander une récompense, et particulièrement l'ultime ùvciir qu'une femme aimée peut accorder, a pris ensuite un sens tout dilTércnt, qu'il a ici : demander pardon.
2. Ronsard emploie ad libiliim cette forme ou la forme recnras, suivant les besoins du vers (v. Ahhrégé di l'Arl p<}êliquc). Inversement oti a vu plus haut Belleau employer troûvras, pour trouveras (le Papillon, vers ici).
ODELETTE AU Somme '. [38 r°]
E mon Dieu que je te hai, Somme,
Non pas pour autant qu'on te nomme
Le vrai simulacre des mors -, 4 Mais pour autant que quand je dors
Tu m'oustes de la fantaisie
Le penser qui me tient en vie :
Car dormant penser je ne puis 8 Au bien par qui vivant je suis,
l']t sans lequel je ne pourroye
Estre vif, si je n'y songcoie.
Pource ne me vien plus seiller î 12 L'œil, pour me faire sommeiller :
Le veiller m'est plus agréable
Que n'est ton dormir misérable,
Qui du cœur, la nuit, me soustrait 16 Le penser qui vivre me fait.
Éditions : Bocage 1554, 1555 ; réimpr. de Rouen, 1557. — Œuvres, (Odes, 2* livre) 1560 à 1578. — Retranchée en 1584. — Œuvres, recueil des Pièces retranchées, 1609 et éd. suiv.
Titre. 60-jS Ode sans dédicace