‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 2)Chapitre 12 sur 279 · INTRODUCTION XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XV

une ode où Ronsard, en homme d'expérience, lui prouvait la puissance et les bienfaits de l'amour, un blason, celui du Houx, dans lequel sans flatterie, mais en vrai connaisseur, il vantait, entre autres charmes, la table copieuse et délicate de son ami. Enfin les Meslanges contenaient encore une pièce où il est question de lui et de sa Sidère, la pittoresque élégie A Janet, peintre du Roy. Estienne Tabourot raconte que Brinon se ruina en dons et festins, et que « sa libéralité envers des personnes doctes » le rendit « si nécessiteux qu'il mourut tout juste » >. Mais quand il mourut, peu de temps après la publication des Meslanges, vers le mois de mars 1555, jeune encore et de façon inopinée, les poètes prodiguèrent les fleurs sur son tombeau et l'immortalisèrent.

Le succès du Bocage et des Meslanges fut si grand que, trois ou quatre mois après seulement, ces deux recueils eurent une deuxième édition. Je n'ai pu me procurer celle du Bocage, mais, d'après le signalement qu'en ont donné Brunet et Blanchemain, elle n'a pas reçu d'addition -. Celle des Meslanges, par contre, était augmentée de quelques épigrammes, déjà publiées au Livret de folastries, et de deux pièces nouvelles, une dédicace et un épilogue d'un contraste saisissant qui prouvent que Jean Brinon, uni à Sidère après la première édition des Meslanges, mourut subitement pendant qu'on réimprimait ce volume '. Elle présente en outre une particularité très intéressante : Ronsard y a indiqué la source d'une vingtaine d'odes et odelettes, et ne l'a indiquée que là (sauf pour une, déjà signalée dans la première édition comme « traduite d'Anacréon »).

On y voit que la plupart d'entre elles sont « prises d'Anacréon », une autre « du latin de d'Aurat », une autre « de Panya-

1. Bigarrures, cliap. des Anagrammes, éd. de Paris (1585), pp. 97 et 211. Cf. les Mimes d'Ant. de Ba'if, liv. 1, fin, où Brinon est désigné par l'anagramme de Norbin ; les Œuvres de Pasquier, éd. de Londres (1723), tome II, col. 930; les Œuvres d'André de Rivaudeau, éd. de Poitiers (1566), épit^e à A. Babinot.

2. Comme la première édition elle a paru chez la veuve Maurice de la Porte, et comme elle c'est un in-8° de 4 iL préliminaires et 36 ff. chiffrés.

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