XVI INTRODUCTION
sis, poOtc grec », une autre » de Bion, poète grec », une autre « de Sophocle a. Ronsard n'obéissait ainsi i aucun scrupule littéraire, car il supprima ces indications dans les éditions collectives, et celles qu'il donnait alors étaient volontairement incomplètes : il négligeait, par exemple, de dire que l'ode i sa maîtresse, Quattd au temple vous serons, est imitée presque entièrement de Jean Second, et l'épitaphe de Brinon, L.i mort m'a clos dans ce lum- Iviiu, entièrement paraphrasée de Jean Cotta. Non ; il cédait à un tout autre sentiment, étant lier de montrer en quelque sorte les titres de noblesse de sa docte Muse, qui s'inspirait de poètes grecs, et du même coup son originalité, car c'était alors être original que de faire passer « le premier » en vers français de l'Anacréon, du Panyasis, du Bion et un fragment de Sophocle. L;i preuve, c'est qu'il n'a jamais indiqué ses sources néo-latines (sauf quand il paraphrasait des vers de son maître Dorât), et qu'il a rarement indiqué ses sources latines, mais qu'en revanche, il a fait connaître très volontiers ses sources grecques, d'Homère à Lvcophron '. Pourquoi donc, dira-t-on, ne s'être pas vanté de ces imitations dès la première édition? Probablement, comme fit souvent Montaigne, « pour tenir en bride la témérité des sentences hastivcs » et leurrer les critiques envieux qui « s'eschaudroicnt à injurier en lui » les poètes grecs '.
Une autre particularité de cette deuxième édition, c'est qu'on V trouve pour la première fois le vers alexandrin qualifié « vers héroïque ». Certes Ronsard avait déjà employé l'alexandrin, soit avec des vers plus courts dès 1550, soit seul dans les recueils de 1553, notamment dans la Harangue du duc de Guise aux soiidars de Met;;, qui a toute l'allure d'une œuvre épique ' ; en 15 54, dans le Bocage, il avait écrit en alexandrins trois longues épitaphes, une épître, une élégie, onze sonnets et six odes, dans les Meslanges un hymne, deux poèmes, deux sonnets et une ode; en janvier 1555, dans la troisième édition des Odes, il
1. Voir p.ir ex. les tomes I, p. .|6 et suiv. ; Ili, p. 107 #t suiv. ; \', p. 77 et suiv.. 155, 167, io} et 259.