DU NÉS DE DIMANCHE
Q.uand il te plaist bêcher, Dimanche
{Id., p. 89)
GAYETE'.
J'ai vescu deus mois, ou trois, Mieus fortuné que les Roys
(Id., p. 17)
I. Cette pièce, dont je ne donne ici que les premiers vers, avait paru en 1555 dans le Livret de folaslries. Ronsard lui donna en la rééditant le nom de Gayeté, emprunté au recueil des Gayetei de Magny ; ainsi fit-il des six autres « folastries » qu'il réédita, en les disséminant dans les recueils suivants, sans doute pour donner le change à l'opinion publique (v. le tome V, Introd., p. xix-xx).
ODR D'OLIVIER DE MAGNY, A P. DU Ronsard, & Pierre de Paschal.
Quand je voi Ronsard & Paschal, Qui d'un ncud saintement fatal î Se lient par amour ensemble.
Je bénis l'estoile des cicus Qui d'un acord si precieus 6 Deus esprits si rares assemble.
Puis quand je m'arreste pour voir De l'un & l'autre le stjavoir, 9 Et l'heur qu'ils ont de la nature, fs6 r*]
Admirant leurs esprits aigus, Ronsard je compare à Phebus, 12 Et Paschal j'égalle à Mercure.
Phebus à la table des Dieus, Avec son Luc nielodieus, 15 Paist des Dieus les sainctes oreilles :
El Ronsard, à celle des Rois Mariant son Luc à sa vois, 18 Paist les Rois de grandes meneilles.
Mercure le Dieu voyager Fit jadis à maint estranger 21 Les vouloirs de son Dieu notoires :
Et Paschal, disert comme luy, Messager annonce aujourd'huy 24 De son Roi les grandes victoires.
Phebus &: le Saturnien ' Firent jadis le mur Troyen 27 Qui des Grecs fut depuis la proie :
Aujourdui Paschal f^c Ronsard Font revoir par un plus bel art
Cette piccc de Magny disparaît des Œtnra de Ronsard en i)6o.
I. Neptune. Ne pas confondre avec « le grand Saturnien », qui est Jupiter (ci-après, pp. 175 et 178).
50 Une autre plus divine Troye '.
Apollon fut privé jadis Apres la perte de son fils ', 5j Par Jupiter, de l'ambroisie :
Et Ronsard a long tans esté Privé de son los mérité, 56 Par l'ignorance, & par l'envie.
Jadis Mercure a dérobé D'Apollon le bel arc courbé, 59 El ses traits d'une ruze fine : [56 v^»]
Et Paschal prend ainsi le micus Des Grecs, &: des Latins plus vieus 42 Ornant son histoire divine.
Phebus sentit jadis son sein De l'amour de la vierge plein 45 Qui prédit la Troyenne cendre :
Et Ronsard sent ore en son cœur Les traits de l'archerot vainqueur, 48 Amoureus d'une autre Cassandre î.
Mercure jadis en son chant A Argus la teste tranchant 51 Fit d'Io sur lui la vangeance :
Et Paschal, en l'œuvre entrepris, De ses dous & doctes escrits 54 Tranche le chef à l'ignorance.
De Phebus l'enfant Tracien 4 Tiroit du son Musicien 57 Apres lui les rocs & les arbres :
1. P.ischal, comme historiographe de Henri II ; Ronsard préparant sa Franciade.
2. Asclepios, foudroyé par Jupiter. Apollon s'étant vengé de cette mort en tuant les Cyciopes, Jupiter l'exila de l'Olympe chez Admète, roi de Thessalie, dont il garda les troupeaux (Euripide, Alccsle, début).
3. Cassandre Salviati, que Ronsard a maintes fois comparée lui-ménie à la princesse troyenne Cassandre, fille de Priam. Voir le tome V, p. 124, note 2, et ci-après le Houx, p. 136, vers 13, note.