I. Sj Puis qu'en bref
1. Cf. une pièce de Germain Colin Bûcher A un sien patent (Œuvres, éd. Denais, p. 170).
2. D'après le Dicliotiu. hisl. de L. Lalanne, la famille de Rubempré était de Picardie et l'on trouve des seigneurs de Riibempré dans la branche bâtarde de la famille Bourbon-Vendôme.
196 LES MESLANGKS
É que nie sert de composer 4 Autant de vers qu'a fait Homère ' ?
Les vers ne me sauveront pas.
Qu'ombre poudreuse je ne sente Combien Rliadamante a là bas 8 La main dx La bouche pesante.
Je pose le cas que mes vers, De mon labeur en contre-change, Dix ou vint ans par l'univers 12 M'aportent un peu de louange :
due faut-il pour la consumer, F,t pour mon livre oter de terre.
Qu'un feu qui le vienne alumer, 16 Ou qu'un esclandre de la guerre ?
Suis-je meilleur qu'Anacreon, Que Stesichore, ou Simonide, Ou qu'Antimache, ou que Bion, 20 Que Philete, ou que Bachylide? [25 v"]
}. fiy-Sy Hé, que me sert
7. 60 La niaiii de Rli.ui.im.inte li bas {vers faux ;()'}-•] ^ corrigent tn RhaJamant') | 7.Ç La main Khadamante \\ bas {i]u\ est une erreur, ii moins ijut Khadamante ne soit iVi un adjeclif) \ S.f-Sy Le faix de la tombe là bas
8. 60-1V7 S'elle est bien (^7 ou) légère ou pesante II. Sj Cent ans ou deux
i}-i6. Sj supprime ce quatrain
1. La pièce est « prise d'.\nacréon ■• d'après la déclaration de Ronsard lui-même dans la 2* édition des Meslanges. Llle est plutôt inspirée de quelques vers disséminés dans le recueil d'H. Estienne. ('.(. l'ode Si mes vers, imitée de Bion (ci-dessus, Bocage, p. ii}).
Toutesfois bien qu'ils lussent Grés Que leur servit leur beau langage ?
De rien, puisque les ans d'après 24 Ont du tout perdu leur ouvrage '.
Donque moi qui suis né François, Composeur de rimes barbares ^, Hé doi-je espérer que ma voix 28 Surmonte les siècles avares ?
Non non, il vaut mieux, Rubampré, Son âge en trafiques despendre.
Ou davant un Sénat pourpré }2 Pour de l'argent sa langue vendre,
Que de suivre l'ocieux train De cette pauvre Caliope, Qui toujours fait mourir de faim }6 Les meilleurs chantres de sa trope '.