I. Lire 155.}, d'après le nouveau style
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le vingtscptiéme jour de Novembre,
mil cinq cens cinqu.inte qii.itre.
LE
Dédié à P. de Paschal du bas Pais de Languedoc '.
ODE
Toutes les fleurs espanoùyes Dont le chef je me suis orné, Au vent se sont évanoùyes :
Et tout le bien que j'ay donné Par ma bouche à mon ingrat ventre, S'est en rien laisser consumer, Comme un trésor noyé, qui entre Au fond d'un gouffre de la mer.
1:ditions : Bocage I5)j, 1555 ; rcimpr. de Rouen, 1557. — Reiranclice dès 1560. — Recueillie dans les Œuvres pour la première fois par Marty-Laveaux, 1895, tome VI, p. ^59.
I. Sur ce personnage, v. les tomes I, p. 160 ; II, p. 85 ; IV, p. 95 ; V, p. 179. Cf. P. Laumonier, Ronsard porte lyrique, p. 50 et 125 ; P. de Nolhac, Vn humaniste ami de Ronsard, Instoriograpljc de France, art. de la Rev.d'Hist. litt. de 1918, repris dans Ronsard et l'Humanisme, 4' partie (1921).
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Mais la leçon, que par l'oùye La muse m'a mise au cerveau, Ne s'est perdue évanoùye,
li Comme une fleur du renouveau :
Car tous les jours elle foisonne Hn fruict qui n'a point son égal, Tesmoing ce livre que je donne
i6 Pour un présent à mon Paschal '.
Q.uelcun trouvera bien estrange, Kt ridera son front, dequoi J'heùre ^ Paschal d'une louange
20 Dont heureux se tiendroit un Roi : [i v]
Mais moi contant, qui ne mandie Des Rois ni biensfaictz ni honneurs.
Aux sçavans mes vers je dédie
2| Plus volenliers qu'aux grans Seigneurs K
Car leur faveur n'est pcrdurable, Et leurs bicnsl'aicts sont inconstans :
Mais la science vénérable 2S Dure pour jamais, ou long tems.
1. Ces deux premicrcs strophes viennent d'un fragment de (jllinuquc, conservé par Siobce, î-'lorili-gf, section "év. yoatxuaT'ov (LXXXI, S). Konsard le lisait dans l'éd. gréco-latine de B.ile (Oporin, 1549) '"' bien dans la traduciion latine de Conrad Gcsner publiée séparément à Paris en 1552 chez C. Perier ; il le trouvait encore dans ]csh.fii;riiiiiwa'.it de Muret (déc. 1552), trois distiques /:' Graeco Calliiiiiichi, et dans les rv»i>'AO/.oviai de Turnébe (1555). Il s'en est souvenu peu après dans VHymne de TOr (1555) et bien plus tard dans un sizain qu'il composa peu de jours avant sa mort (v. mon éd. critique de la Vie de Ronsard, p. ?))
2. C.-à-d. : Je rends heureux, je favorise. Cf. le tome 111, p. 47, v. 89. ?. Pour le contraste entre cette fiére déclaration et les nombreuses
pièces adressées par Ronsard au roi, .i la reine et aux grands seigneurs avant etaprcs, v. mon Ronsard f^i-le l\r., p. 144-1^0. Il suffit à expliquer la suppression de cette dédicace à Paschal, sans compter la rupture entre les Jeux amis qui survint vers !)>!> et dura deux ou trois ans.
Puis i'espere qu'en recompense, Paschal me fera quelquesfois Immortel par son éloquence, î2 Qui vault mieux que le bien des Rois '.
L'HINNE^ DE FRANCE.
Sus, lue doré, des Muses le partage, Et d'Apollon le commun héritage
(\'oir le tome I, pp. 24-35.)