Cette rime approximative a disparu dil-s la 2* idiiion
De mile baisers qu'il me donne,
En me disant : Douce mignonne,
Las ! je t'aime, car je te voy ^8 Vivre en servage corne nioy.
Vray est que tu pourois bien vivre
De ma cage franche &: délivre,
Quand tu voudrois, fuiant es bois, 52 Mais moi chetif je ne pourois
Vivre franc de la servitude
Où nostre joliere ' trop rude
Sans espoir me tient aresté.
56 Mais adieu, c'est trop quaquetté,
Tu m'as rendue plus jazarde
Qu'une corneille babillarde.
Trop longuement icy j'atens, [35 v°]
&o Baille moi responce, il est temps.
SONNET
Celui qui boit, comme a chanté Nicandre -, De l'Aconite, il a l'esprit troublé.
Tout ce qu'il voit lui semble estre doublé, 4 Et sur ses yeux la nuit se vient espandre.
51-5}. Sy Si tu voulois voler aux bois, Où moy fuitif je ne pourrois Vivre franc de ma servitude
j4. 67 Où vostre joliere | 71-Jj Où une joliere | ^8-84 texte primitif $4-55. Sj Qiiand nostre joliere trop rude M'auroit remis en liberté Éditions : Meslanges {i'° et 2° éd.) 1555 ; réimpr. de Rouen, 1557. — (Eiivres, (Amours, 1°' livre) 1560 à 1572. — Retranché eu 1578. — Œuvres, recueil des Pièces retranchées, 1609 et éd. suiv.
1. C.-à-d. : notre geôlière Cassandre. Pour la graphie, cf. le tome V, p. 229, vers 84.
2. Voir Nicandre, Alexipharmaca, 12-55. ^^ poète grec a été particulièrement étudié par Ronsard en 1554, comme nous l'apprend ci-dessus R. Belleau, dans son « blason » du Papillon. Cf. mon article sur la Bibliothèque de Ronsard, Revue du Seiz. siècle, 1927, pp. 52b et suiv.
Celui qui boit de l'amour de Cassandrc, Qui par ses yeux au cojur est écoulé, Il perd raison, il devient afolé, s Cent fois le jour la Parque le vient prendre.
Mais la chaut vive, ou la rouille, ou le vin Ou l'nr fondu peuvent bien mettre fin II Au mal cruel que l'Aconiie donne :
La mort sans plus a pouvoir de garir
Le cœur de ceux que Cassandre empoisonne, 14 Mais bien heureux qui peut ainsi mourir '.
SONNET
J'ai pour niaistressc une étrange Gorgonne =, Qui va passant les anges en beauté, C'est un vray Mars en dure cruauté, 4 En chasteté la fille de Latonne >.
Quand je la voy, mile fois je m'estonne La larme à l'œil, ou que ma fermeté Ne la fîechit, ou que sa dureté 8 Ne me conduit d'où plus on ne retourne •<.
De la nature un cœur je n'ay receu,
Ainçois plus tost pour se nourir en feu [56 r""] II En lieu de luy j'ay une Salamandre >,
ij. 67-72 que madame empoisonne
Éditions: MesUmgfs (i"et 2* éd.) 1555 ; rcimpr. de Rouen, IS57. — Œuvres, (Amours, i" livre) 1560; (id.,2* livre) 1567 à 1587 et éd.suiv.