‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 2)Chapitre 256 sur 279 · CHANSON · texte numérisé non relu

CHANSON

Il me semble que la journée Coule plus Idiij^ue qu'une année ^,

5 Quand par malheur je n'ay ce bien [45 r»] De voir la grand beauté de celle

Qui tient mon cœur, & sans laquelle

6 \'eissé-je tout je ne voy rien.

Quiconque fut jadis le sage

Qui dit que l'amoureux courage 9 \'it de ce qu'il ayme, il dit vrai :

Ailleurs vivant il ne peut cstre,

Ni d'autre viande ' se paistre, 12 J'en suis seur, j'en ai fait l'cssay.

Toujours l'amant vit en l'aimée :

Pour cela mon ame afamée 15 Ne se veut soûler que d'amour,

De l'amour elle est si friande.

Que sans plus de telle viande is Se veut repaistre nuit & jour^.

EDITIONS : Meslaiiges (i"et 2' cJ.) 1555 ; rcimpr. de Rouen, lîS?- — Œiixres, (Amours, i" livre) 1560 à 1572. — Kciraiiclicc en \s~^- — Œuvres, recueil des Pièces retraiicliées, 1609 et éd. suiv.

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