Hé qu'esse
2 6.J LKS MESLANT.ES
»■) Vcux-lu r'abuzer ma vie :
Apres nie voir écliapé
De celle qui m'a trompé, 48 \'eu\ lu que je m'y relie ?
Dix ans sont que je la suis ' [51 v]
Et que pour elle je suis 51 Comc une personne morte :
Mais en lieu de lui ployer Son orgiieil, pour tout loyer 1 Je muse encor à sa porte ^
Non non, il vaut mieus mourir
Tout d'un coup, que de peiir >: En langueur par tant d'aninîes :
Ores je veux de ma main
Me tuer, pour voir soudain 60 Toutes mes douleurs finées.
L'ESPERAKCE.
Ah, qu'il te feroit bon voir
De tomber en desespoir, ' ; Quand l'Espérance te guide !
Laisse laisse ton emoy.
Laisse ta dague & sui moy 66 Là haut elles ton homicide.
1. Ce laps de temps, comme celui qu'indique le vers 8, fait bien remonter la rencontre de Ronsard et de Cassandre au mois d'avril 154$ au plus tôt, I S46 au plus tard. Cf. les sonnets Bit» que Ion oeil (ci-dessus, p. 50), Lms .' sans la voir et Sur nus vingt ans (au tome V, pp. ip et 140).
2. C.-i-d. : pour toute recompense je perds mon temps .i sa porte.
Disant ces motz ' je suivy Ses pas, tant que je me vy 69 Dans la chambre de Cassandre :
L'Espérance pari.i-, a Cassandre.
Tien, dist TEsperance, tien Tout exprès icy je vien [52 r°]
72 Pour ton fugitif te rendre.
11 t'a servi longxiement,
C'est raison que doucement 75 Ses angoisses tu lui ostes :
11 te faut bien le traiter.
Craignant ce grand Jupiter, 78 Puis qu'il est l'un de tes hostes*.
Atant elle s'en vola.
Et tout seul me laissa là 81 Dedans ta chambre, m'amie.
Ronsard parle a Cassandre.
Là donqucs, par amitié, Là, Cassandre, pren pitié 84 De ton hostc qui te prie.
68. 67 par erreur tant que je \y (éd. siiiv. corr.) \ 162}, DI. par errent autant que je vy
79-81. }i ZJ, 60-7^ Atant elle s'élança Dans le Ciel, & me laissa Seul en ta chambre, m'amie