D'UN VANEUR DE BLÉ
AU VEXT ZEFIRE '.
Durant l'Esté que j'ahanne ^
A mon fournient que je vanne
Ça & là sur mes gcnous,
Pour m'avoir, Zefire dous,
Eventé de tes deus ailes
Et le sein & les esselles,
Qui me faisoient mal au cœur
De leur bouquineusc odeur :
A toi Zefire, à ta Flore,
Et à ta compagne Clore 3,
En recompense j'apen
Mon fléau ■♦, ma fourche, & mon van.
Éditions : Bocage 1554, 1)5$; réimpr. de Rouen, 1557. — Retranché des 1560. — Recueilli dans les Œuvres pour la première fois par Mariv- Laveaux, 1895, tome VI, p. 362.
1. Cf. Anlbol. gr., loc. cit., n° 53, et Navagero, op. cit., n" 2 : Aurae, quae levibus percurritis aëra pennis... A rapprocher l'oJelette D'un vanneur de blé dans les Ji'ux rustiques de Du Bellay (éd. Chamard, t. V, p. 16).
2. C.-à-d. : je me fatigue (du vieux subst. ahan, grand effort). Cf. Ronsard, Responce aux injures (1565) :
Elle vanneur mv-nud, ayant beaucoup secoux Le blé, de çà de là, de sur les deux genoux, Le tourne & le revire, & d'une plume espaisse Sépare les bourriers du sein de la Déesse, Puis du dos & et des bras efforcés par ahan Fait sauter le froment bien haut de sur le van.
5. Pour Chlore ou Chloris, nymphe qui présidait à la jeune verdure. Cf. Ovide, Fast., V, 195 etsuiv.
4. Prononcer/ô. Autre exemple au tome I, p. 34, variante du vers 204.
I 6 LE HOCAGE
D'UN PASTEUR AU DIEU PAN'. 19 t°]
De nin brebis ecorchée,
Morte entre les tiens du lou,
A toi j'apcn à ce clou 4 La dépouille pour troféc.
O Dieu Pan, si quelque grâce
T'cmcut en lieu de ceci -,
Donne m'en cet an icy 8 Un cent d'autres en sa place.
D'UN VIGNERON A BACUS 3.
Ecoute anfançon^ de Silène, Bacus, si tu veus charger pleine Ma jeune vigne de raisins 4 Plus que celles de mes voisins,
Éditions : Bocaf;e 1554, 1555; rcimpr. de Rouen, 15,7. — Retr.inclié dès 1560. — Recueilli dans les Gluvrts pour Li première fois par Marty- Laveaux, 1895, tome VI, p. 565.