Pour cette syncope, v. la note i du sonnet précédent
Ma mort te sera perte, à moi un tresgrand bien, II Et l'œuvre qu'à ton lôs je veus mettre en lumière Finera par ma mort, finissant mon émoi :
Ainsi, mort je serai libre de peine, & toi 14 Cruelle, de ton nom tu seras la meurtrière.
Que ne sui-je insensible ' ? ou que n'est mon visage De rides labouré? ou que ne pui-je espendre Sans trépasser le sang qui, chaut, subtil & tendre, 4 Bouillonnant dans mon cœur me trouble le courage ? Ou bien, en mon erreur que ne sui-je plus sage ? Ou, pourquoi la raison qui me devroit reprendre Ne commande à ma chair, sans paresseuse atendre 8 du'un tel commandement me soit enjoint par l'âge ? Mais que pourroi-je faire, & puis que ma maistresse, Mes sens, mes ans, amour & ma raison traîtresse II Ont juré contre moi, las! quand mon chef seroit De vieillesse aussi blanc que la vieille Cumée ^, Si est ce qu'en mon cœur le tans n'efaceroit 14 La douleur qui jamais ne sera consumée'.
VII. — Éditions : Bocage 1554, 1555 ; réimpr. de Rouen 1557. — Œ«r;«, (Amours, I" livre) 1560 a 1572 ; (id., 2Mivre) 1578 à 1587 et éd. suiv.