‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 2)Chapitre 93 sur 279 · C.-à-d. une inclinaison de la tétc · texte numérisé non relu

C.-à-d. une inclinaison de la tétc

DE P. DE RONSARD 8l

Je suis mesmes celui, celui niesmcs que j'aime,

Rien je ne voi dans l'eau que l'ombre de moimesme :

Que ferai-je, chetif, prirai-je, ou si je doy [27 r"]

1)2 Moimesme estre prié ? je porte avecque moy Et l'amv & l'aimé, & ne sçaurois tant faire Las ! que de l'un des dcus je me puisse défaire. Mais serai-je toujours couché de sur le bord

156 Comme un froid simulacre, en attendant la mort? O bienheureuse mort, haste toi, je te prie. Et me tranche d'un coup & l'amour & la vie, Afin qu'avecques moi je voye aussi périr

160 (Si c'est quelque plaisir) ce qui me fait mourir. Il avoit achevé, quand du front goûte à goûte Une lente sueur aus talons lui dégoûte, Et se consume ainsi que fait la cire au feu,

164 Ou la nege de Mars, laquelle peu à peu

S'écoule sur les monts de Thrace ou d'Arcadie, Des raïons incertains du soleil atiedie : Si bien que de Narssis qui fut jadis si beau,

168 Qui plus que laict caillé avoit blanche la peau.

Qui de front, d'yeus, de bouche, & de tout le visage Ressembloit le portrait d'une Adonine image. Ne resta rien, sinon une petite fleur

172 Qui d'un jaune safran emprunta la couleur, Laquelle n'oubliant sa naissance première Hante encor aujourd'hui la rive fonteiniere. Et tousjours aparoist près des eaus, au printans,

155. S4 0" li' l'amy de ïa\mé(é(L siiiv. corr.) \ 84-67 Et ramant& l'aimé

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