XIV INTRODUCTION
celle du retour définitif de Montmorency après la signature du traité du Cateau : c'est ainsi que les vers 120 et 121 rappellent une décision d'ordre matrimonial, qui ne fut prise par les plénipotentiaires qu' in extremis, aux environs du i" avril. Un moyen de tout concilier, ce serait d'admettre que Ronsard composa la première partie (jusqu'au vers 70) en décembre 1558, et qu'il ajouta le reste en avril 1359. Rien de plus vraisemblable, si l'on remarque, après une conclusion, cette reprise du vers 71 :
Renibrasse de rtibef ce vieillard vénérable '.
Quant à VEnvoy des chevaliers aux dames, il fut écrit très probablement, comme son titre complet semble l'indiquer, pour un tournoi qui s'ouvrit à l'occasion du mariage de Charles duc de Lorraine, lequel fut célèbre, nous l'avons dit ci-dessus, le 22 janvier 1 5 59 (n. st.). Ce qui confirme cette hypothèse, c'est le début, où il est dit que les vingt-quatre chevaliers engagés dans le tournoi sont des officiers qui ont pour ce jour-là quitté leur service de guerre. C'était donc à un moment où l'armée de François de Guise, la seule qui nous restât, tout en profitant de l'armistice observe depuis l'automne précèdent, se tenait prête i toute alerte aux environs d'Amiens, et l'on sait qu'elle ne fut entièrement congédiée qu'au début d'avril, après la signature du traité de paix '.
La sixième plaquette contient seulement le Chant de liesse, dédié au Roi '. Cette pièce dut suivre de peu la signature du traité. Deux passages permettent de préciser la date de sa composition et en même temps de sa publication : le vers 56, indiquant le « retour de Tan », et le vers 108, disant que Henri II n'a pas encore 40 ans.