‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 3)Chapitre 156 sur 215 · jS D'un pied pressé t'attendre, pour avoir · texte numérisé non relu

jS D'un pied pressé t'attendre, pour avoir

1. La sœur de Henri II, c'esi Marguerite, duchesse de Berry, qui, aux termes du traité de Cateau-Cambrésis, devait épouser le duc de Savoie Philibert-Emmanuel. Quant à la fille de Henri H, c'est son aînée, Elisabeth, qui, aux termes du même traité, devait épouser le roi d'Espagne Philippe H. Ces deux mariages étaient annoncés pour la fin de juin, mais ils eurent lieu à plus de quinze jours d'intervalle et dans des conditions très différentes : celui d'Elisabeth le 22 juin, en grande pompe à Notre-Dame par procuration (le duc d'Albe représentant le roi d'Espagne); celui de Marguerite dans la nuit du 9 au 10 juillet, sans aucune pompe, dans la chambre d'Elisabeth, au palais des Tournelles, où le roi Henri, mortellement blessé dans un tournoi du 50 juin, agonisait. Cf. Romier, op. cit., II, p. 378 et 588.

2. Ou bien le mol « royale » n'a pas ici de sens précis et signifie seulement « digne de rois », vu que des fils de Henri H le dauphin François était seul roi, par son mariage avec Marie Stuart reine d'Ecosse (cf. ci-après le vers 114) ; ou bien Ronsard, considérant ces princes comme de futurs héritiers ou conquérants de couronnes royales, ainsi qu'il l'avait déjà fait dans les Odes de 1555 (voir le tome VII), et, prenant son désir pour une réalité, les voit déjà rois. Son protecteur et ami L'Hospital n'écrivait-il pas dès avril 1558, à la fin de son Epithalame sur le mariage du dauphin François : « Un temps viendra où la maison de France se glorifiera de ses nombreux enfants et de leur haute origine. Autant elle aura de têtes, autant il lui faudra de couronnes. La France écherra à l'aîné; le cadet aura la Lombardie et toute l'Italie, depuis les Alpes jusqu'à Tarente; le troisième sera roi d'Ecosse et le quatrième montera sur le trône d'Angleterre. Les autres auront encore d'autres Etats, et leur père commun partagera ainsi l'univers entre ses descendants. Telles sont les prédictions que m'a faites Apollon » (op. cil., livre IV, éd. cit., p. 246). Tel était surtout le rêve de Henri II, dont la devise était, au dessous d'un croissant : Doitec totum impleat orbem (voir ^ome I, p. 20).

CHANT DE LIESSE

Voyr au Palais les tables solennelles ', 80 Ainsy qu'au ciel les tables éternelles

De Jupiter, quand au palais des cieux Il se marie, ou festie ses dieux, Et qu'au m&illeu de la céleste troupe 84 La jeune Hébé luy présente la coupe ?

Et quel plaisir voyr dancer & baller, Voyr l'amoureuse à son amy parler, Voyr nouveaux jeux, masques & mommeries 88 Au pris de voyr les sanglantes turies

Du cruel Mars, que ta douce bonté Par une paix pour jamais a domté ?

8}. 6o-6j au meillieu \ ji au niillieu | Jj-jS au milieu

I. Il ne s'agit plus ici du Louvre, ni des Tournelles, mais du palais de la Cité, où les <■ tables solennelles » qui servaient aux membres du Parlement devaient servir en la circonstance pour le festin des noces. Au mois d'avril, Henri II avait ordonné au Parlement de se transporter aux Augustins, alin de laisser le palais de Justice libre pour les fêtes du mariage d'Blisabeth {Mémoires sur VieillcvilU par Vincent Carloix, VH, chap. 25). Dans V Epithalaine cixé plus haut, M.-C. de Buttet décrit par avance le festin qui devait avoir lieu à ce même palais pour les noces de Marguerite, « sans la mort du roi survenue », et sa description commence par celle de n la grand' salle » :

Dedans le grand palais le retour attendant,

D'un labeur fort hâté s'appresie cependant

Le festin somptueux : en braveté roi aie

Les flans sont tapissés de la superbe sale

Les vitres peintes sont un ouvrage semblable, Puis d'un pur marbre noir la belle longue table Se voit tout le grand large en la salle tenir, Et trois degrés on monte avant que d'i venir. C'était la fameuse Table de marbre, qui servait, suivant les circonstances, de tribunal, de scène, d'estrade et de table à festins. Elle n'avait pas moins de 50 pieds de long sur 15 de large. Elle fut brisée et réduite en cendres dans l'incendie de 1618.

2. On appelait ainsi des divertissements analogues aux « mascarades » ; c'est le mot qu'emploie toujours Cl. Marot : Epigramme XCIX « pour une mommerie de deux hermites » ; CLXXXIX et suiv. • Momnierie de quatre jeunes damoiselles », etc.

Ceux qui diront depuis le Roy Clotaire

92 1 (Jusqu'à François premier du nom, ton père) Les Roys qui ont par un sceptre suivant Si bien régi la France auparavant, Ne trouveront par antique mémoire

96 Que les vieux Roys parengonnent ta gloire ',

Car leurs honneurs sont surpassez des tiens, Soit en victoire, en prouesse, ou en biens : Presque en douze ans tu as assujectie

100 De tes voisins la plus grande partie,

Et loing de France, en l'une et l'autre mer, Les fleurs de Hz tu as t'ait renommer ^. Or' d'estre Roy cela vient de fortune,

104 Qui aux petiz & aux grandz est commune :

Mais ton grand heur (que Roy jamais n'eut tel) N'est point commun à nul autre mortel : De sur ton chef encor n'est retournée

108 De l'âge tien la quarantième année 3,

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