‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 3)Chapitre 189 sur 215 · Exagération numérique, reprochée à Ronsard par Malherbe · texte numérisé non relu

Exagération numérique, reprochée à Ronsard par Malherbe

J. Périphrase pour : quand le soleil n'est pas encore couché. ^

l80 CHANT PASTORAL

io8 Dedans le ciel tout bigarré de jaulne,

De pers, de bleu : je vey près du rocher Un grand troupeau de Nymphes approcher, Toutes ayans en leurs belles mains blanches

112 Un beau coffin entre-eclissé de branches.

En ce pendant que l'une se baignoit, L'autre saultoit, & l'autre se peignoit, Je vey venir une belle Charité,

ii6 Que les humains appeloient Marguerite,

Des immortels Pasithéc avoit nom ', Toute divine en faicts & en renom :

Elle marchant à tresses descoiffées

120 Apparoissoit la Princesse des Fées »,

Un beau surcot de lin bien replié, Frangé, houpé, lui pendoit jusqu'au pié, Ses tendres piez qui fouloyent la verdure

124 Deux beaux patins ' avoyent pour couverture, Un carquant d'or son col environnoit,

Et son beau sein, sans bransler, se tenoit Pressé bien hault d'une boucle azurée,

125 D» mainte fleur alentour bigarrée.

Elle cent fois d'un seul tret de ses vtux

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