‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 3)Chapitre 198 sur 215 · Imité de Virgile, Bue. v, 65-75 (apothéose de Daphnis · texte numérisé non relu

Imité de Virgile, Bue. v, 65-75 (apothéose de Daphnis

2. Forme de serment fréquente chez les poètes latins. Ronsard s'est souvenu ici de Virgile, Bue. v, 76 et suiv. : Dum juga montis aper, fluvios dum piscis amabit... Il a aussi employé la forme de serment inverse, par exemple au tome IV de la présente édition, p. 29 (voir la note 5).

Et toi chanson si rudement sonnée,

288 Demeure ici où je t'ai façonnée

Dedans ce bois, au pied de ce rocher : 11 ne te fault de la Court approcher, A tous les coups tu rougirois de honte,

292 Et de ta voix on feroit peu de compte :

Demeure ici hostesse de ces bois, Tu n'has que faire à la Court des grands Rois : Où Du Bellay qui tout l'honneur mérite

296 Si haultemcnt chante la Marguerite ' :

Demeure ici parmi ces arbrisseaux Où )e te chante au bruit de ces ruisseaux, Et où Progné avccques Philomelle

300 \'ont desgoisant leur antique querelle *.

290-291. 6-j-Sj II ne fault plus de la Court approcher, Où sans appuy tu rougirois de honte

29}-3i6. 7<S-<S'7 suppriment ces vingt-quatre \trs

1. Allusion à Y Epitfyalame sur le mariage de Iresillustre Pritue Pbiliherl Emtinuel (sic), Duc de Saivye, et Iresillustre Princesse Marguerite de France, Sixur unique du Roy et Duchesse de Berry, que Du Bellay composait alors et qu'il publia après la mort de Henri II. On tiouvera cet Epithalame dans Tcdition Chamard, au tome V, p. 201 et suiv., ainsi que l'avis au lecteur et l'ordonnance de ce chant, • qui estoit prest à estre récite au festin nuptial par les enfans de Jehan de Morel gentilhomme Anibrunois » (Isaac, Ciniille, Lucrèce et Diane), festin qui n'eut pas lieu .i cause de l'agonie du roi. — Sous l'cloge que Ronsard fait ici de Du Bellay, on sent un certain dépit de voir que son émule lui a été préféré pour cet honneur; aussi a-t-il supprimé en 1378 les vers 29) à 316.

2. Périphrase, déjà vue souvent, pour désigner l'hirondelle et le rossignol. Klle vient d'Ovide, Met., VI, 424 et suiv. ; on la trouve aussi dans Sannazar, Arcadia, cgi. i et xi.

Au reste, ce passage depuis le vers 287 est encore imité de VArcadia, de l'épilogue où Sannazar, s'adressant à son chalumeau, le supplie de rester parmi les bois : « A raison dequoy. je te prie, & tant que je puis t'admoneste, que, content de ta rusticité, tu veuilles demeurer entre ces solitudes : car il ne t'appartient pas d'aller cherciier les sumpteux palais des princes, ni les superbes places des citez, pour humer les applaudissements, faveurs simulées ou gloires venteuses... Ton débile son ne se pourrait gueres bien entendre parmy celuv des buccines espoventables ou des royales trompettes » (trad. de J. Martin, (" 112).

Ou, si Moiel, des Muses nourrisson ', Veult advoûer que lu sois sa chanson, Suy-le par tout, & prend la hardiesse

304 De te monstrer à si haute Princesse.

Ce seul Morel, qui d'un gentil esprit Premier de tous de ma muse s'esprit, Et mon renom sema par ces bocages

308 Maugré l'envie, & les ardantes rages

Des mesdisans, qui plus m'ont advancé.

Tant plus ils ont mon renom offencé :

Ce seul Morel qui de vertu s'enflàme,

}i2 Qui d'une belle, heureuse, & gentille ame.

Des son enfance a tousjours eu souci Des bons esprits, & de leurs vers aussi : Les chérissant plus fort qu'une pucelle

316 N'aime au printemps quelque rose nouvelle.

Or sus paissez, paissez povres brebis, Allez par l'herbe, emplissez vous le pis, Broutez un peu ceste douce verdure

}2o Pour emporter aux aigneaux nourriture,

Qui en bellant dans le toict ont désir De vous sucer le lait tout à loisir.

Et quoy troupeau ! tu es insatiable,

319. 7* Broutez assez | S4 Broutez, broutez | (îj Broutez, rongez

I. Jean Morel d'Embrun, protecteur des poètes de la Pléiade, notamment de Ronsard et de Du Bellay. Cf. H. Chamard, Joachim du Bellay, p. 390 et suiv., et, dans la présente édition, les tomes III, p. 157, note I ; VII, p. 225 et suiv. ; VIII, p. 140 et la note, 161 et la note 2. — Depuis son retour de Rome, Du Bellay était intimement lié avec Jean Morel, qu'il appelait son « frère », son « Pylade ». Toutefois, la maison qu'il habitait alors n'appartenait pas, comme on l'a dit, à Morel. Voir à ce sujet l'étude d'Amédée Outrey Sur la maison halitée par J. du Bellay au cloître Notre-Dame (Bulletin de la Société de l'Histoire de Paris, tome LXI, 1934).

524 La nuit arrive, il faut gaigncr l'estable :

Voici les loups qui ont accoustumé De te manger quand le jour est fermé, Ils font le guet, & de rien ils n'ont craincte

Î28 Car la bonté par les champs est esteincte '.

A tant le jour peu à peu s'enbrunit, Et le pasteur comme le jour finit Son chant rural : détendit sa musette,

352 Et dans sa main empoigna la houlette,

Chassant devant son iroupelet menu, Harpaut son chien, & son bélier cornu.

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