POUR BIEN COMBATTRE LE JOUR DE LA BATAILLE
L'heure que vous avez si longtemps attendue, Maintenant (ô Soldas) en vos mains s'est rendue ', Il ne faut plus courir pour voir les ennemis,
4 Auprès de vostre camp leurs tentes ilz ont mis, Si bien qu'on voit ensemble en la mesme campagne Et les forces de France, & les forces d'Espagne S'appellerau combat, & attendre des cieux
8 Lequel d'un si beau camp sera victorieux 2.
Éditions : Exhoi'.alion an camp du Roy... plaquette, 1558. — Œuvres (Poëmes, j' livre) 1560 ; (id., 2' livre) 1567 a 1573; (id., i" livre) 1578 ; (id., 2' livre) 1584 et 1587.
Titre. -jS... du Roy Henri II... ] S4-Sj Exhortation au camp du roy Henrj' II {sans plus)
1. Comme une place qui capitule devant les efforts des assaillants.
2. Depuis la reprise de Thionville (22 juin 1558) et la prise d'Arlon (5 juillet), notre armée, commandée par François de Guise, cherchait à atteindre pour une bataille rangée l'armée espagnole, qui se dérobait sous les ordres du duc de Savoie, Emmanuel-Philibert. Enfin, après la grande revue passée à Pierrepont par le roi en personne le 8 août, et une pointe poussée à deux lieues de Corbie, le 21 août. Guise établit son camp sous Amiens, tandis que le duc de Savoie établissait le sien sur l'Authie, avec une armée égale à la nôtre. Les deux rois (Henri II et Philippe II) arrivèrent en personne dans les deux camps et les soldats s'attendirent à quelque grande journée (cf. Monluc, Comm., éd. P.Courteault, tome II, p. 361 à 376).
Mais cette attente fut trompée et les deux armées demeurèrent long-
Dieu, qui tient maintenant le pariy de la France, Punira l'Espagnol de son outrecuydance, Et renvoyra sur luy le malheureux destin,
12 Qui défit nostre armée aux murs de Sainct Q.uentin'. Ne lui suffisoit-il d'avoir perdu la ville De Guines, de Calais, Hanimes & Thionville^, Sans vouloir de rechef retomber dans vos mains,
16 Pour estre à la mercy de nos Princes Lorrains 5, Ainçoys de nostre Roy, qui luymcsme en personne,
10. èf-Sj Du soldat Espaignol {jS-S-j ennemy) punira l'arrogance