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temps à quelques lieues l'une de l'autre sans engager d'action sérieuse, les premiers bruits de négociations pour la paix étant parvenus dans les deux camps dès le mois de septembre, et les plénipotentiaires ayant été désignés de part et d'autre officiellement au début d'octobre (Décrue, Aiitie de MoiiiworencY sous le roi Henri II..., p. 215 et suiv. ; Romier, Origines polit, lies guerres de religion, t. II, p. 287 et suiv.).
1. La défaite des Français sous les murs de Saint-Quentin avait eu lieu le 10 août 1557. Le connétable A. de Montmorency y avait été fait prisonnier avec le maréchal de Saint-André et des milliers de chefs et de soldats de toutes armes. L'amiral Coligny et son frère Fr. d'Andelot;, colonel de l'infanterie, qui, avant cette bataille, s'étaient jetés avec quelques centaines d'hommes dans la ville fortifiée, soutinrent le siège jusqu'au 27 août, puis furent faits à leur tour prisonniers. Depuis lors, ils étaient tous tenus captifs en Flandre, sauf d'Andelot, qui avait réussi à s'échapper des la première nuit de sa captivité.
2. Après avoir repris en janvier 1^)8 les villes de Calais, Guines et Hames, dernières possessions anglaises en France, Fr. de Guise s'était emparé de Thionville (22 juin) et d'Arlon (3 juillet).
Ce dernier exploit avait été suivi malheureusement de la défaite du maréchal de Termes à Gravelines (13 juillet), dont Ronsard, à dessein, ne parle pas ici, mais dont il parlera dans V Hymne du Cardinal de Lorraine (ci-aprés, p. 58). Cf. Forneron, Les ducs de Guise et leur époque, tome I, chapitre vu.
3. Le capitaine François de Guise et son frère cadet Charles cardinal de Lorraine, premier ministre de Henri II. Ronsard emploie le pluriel, considérant la solidarité de ces deux personnages, dont la double et différente activité n'avait qu'un même but, dominer la situation en l'absence du connétable. Ils étaient d'ailleurs tous deux au camp d'Amiens; mais en réalité l'armée espagnole n'avait directement affaire qu'avec le capitaine(cf. Romier, op. c«/.,ll, p. 298).
Veut les armes au poing deffendre sa couronne ? '
Vous, les plus grans Seigneurs, montrez vous diligens
20 A reno-er bien en ordre & vous & tous vos sens, Q.ue la noble vertu de vostre race antique Ne soit point demantie en cest honneur bellique^, Mais comme grans Seigneurs & les premiers du sang 5,
24 En défiant la mort, tenez le premier rang,
Et par vostre vertu (qu'on ne sçauroit abattre) Montrez à vos soldas le chemin de combattre.
Vous, Gendarmes, serrez la cuisse en vos arsons4,
28 Brisez moy vostre lance en cent mille tronsons. Prenez le coutelas, & la pesante mace >, Et de vos ennemis pavez toute la place. Le pied de vos roussins ^ marche sur les monceaux
52 Des Bourguignons occis 7, la pro3'e des corbeaux, Et qui, sans recevoir l'honneur de sépulture, Aux mastins & aux loups serviront de pasture. Sus donc poussez dedans, & de vos gros plastrons
36 De vos chevaux bardez, forcez les escadrons
ig. 8j Vous, Princes & Seigneurs