Souvenir de Juvénal, Sut., VllI
Tota licet veteres exornent undique cerae Atria, nobilitas sola est atque unica virtus.
2. Le trac de la vertu, c'est « ce sentier solitaire et rude où le juste grimpe plutôt qu'il ne marche » (Bossuet, Or. fuit. d'H. de Fr.). Cf. l'Hymne de la Philosophie, au tome VIII, p. 97 et suiv.
5. Ronsard semble avoir confondu ici deux souvenirs d'Hésiode, car de la « boete à Pandore » il ne s'échappa que des maux. Hésiode, Trav. et Jours : « Pandore, tenant dans ses mains un grand vase en souleva le couvercle, et les maux terribles se répandirent sur les hommes. L'Espérance seule resta (94 et suiv.) — « Alors promptes à fuir la terre immense pour l'Olympe, la Pudeur et Nemesis... s'envoleront vers les célestes tribus et abandonneront les humains ; il ne restera plus aux mortels que les chagrins dévorants (198 et suiv.). Chez les Lutins « le saint troupeau » réfugié dans les cieux se réduit à la Justice, ou la vierge Astrée (Virgile, Georg., II, 474; Ovide, Met., I, 149)- Ronsard avait longuement développé ce thème eu 1555 dans l'Hymne de la Juslice (tome VIII).
612 Les tiennent en exil bien loing de nostre bord, Sans espoir de retour : & si ' je me sens estre Heureux d'avoir apris dessous un mesme maistre, Et en mesme collège avecques toy, Seigneur,
616 Qui comme un petit astre estois desja l'honneur De tous tes compaignons en meurs & en science, Et desja tu donnois certaine expérience De ta grandeur future 2. Ainsi qu'on voit souvent
620 De petite étincelle à la bandon du vent 5
S'élever un grand feu, qu'un pasteur par megarde Laisse tomber aux bois, l'étincelle se garde Dans l'ecorse d'un arbre, & puis de peu à peu
624 Se repaist de soymesme, & nourrist un grand feu : Jusqu'au sommet des pins le braisier se va prendre. Et avec les ormeaux les chênes vont en cendre : Le pasteur estonné, caché soubz un rocher,
628 De bien loing voit la flamme & n'en ose approcher 4. Ainsi de tes vertuz l'abondante étincelle Que ton âge cachoit sous l'escorce nouvelle,
615-617. 7<? Et toutefois, Preljt, heureux je me confesse D'égaler ta grandeur de temps & de jeunesse, Et sous mesme Régent avoir les arts appris : De tous tes compaignons tu emportois le pris, Forçant par le labeur les ans de ton enfance