Où sur le moys d'Avril
491-492. 67-7^ A sauter, à lutter, à franchir la carrière, Et pour couronne auront la roze printaniere | 78-87 A sauter, à lutter sur l'herbe nouvelette, Pendant au prochain l'in le prix d'une Musette
I. Fréquenté par les rois de France et leur cour (Tours, Aniboise, Chauniont, Blois).
MASCARADES ET BERGERIE lOI
496 A fait pour redresser la houlette de France '.
Or à Dieu, grand Berger : tant qu'on verra les eaux Soutenir les poissons, & le vent les oyseaux, Nous aymerons ton nom, & par cette ramée
500 D'âge en âge suivant vivra ta renommée.
Nous ferons en ton nom des autels tous les ans, De grands gazons de terre, & comme aux ^gipans, Aux Faunes, aux Satyrs, te ferons sacrifice.
504 Ton Perrot le premier chantera le service ^, Entonnant le cornet, & le suivant après En dançant main à main nous ferons aux forests Aprendre tes honneurs, afin que ta louange,
508 Redite tous les ans, par les ans ne se change,
Plus forte que la mort, mais fleurisse en tout temps [25 v°] Par ces grandes forests comme fleurs au printemps.
Navarrin.
Que ne retourne au monde encore ce bel aage 512 Simple, innocent, & bon, où le meschant usage De l'acier & du fer n'estoit point en valeur, Honoré meintenant à nostre grand malheur 5 !
496. 6-j-Si Oza pour redresser 502. 6j-Sj Verds de gazons de terre
505-506. 6j-yS ...& le suivant de près | S4-SJ En long sourpelis blancs, couronné de cyprès, Et au son du cornet nous ferons aux forests 509. S4-S/ fleurissante en tout temps 514. 7S-8J Trop en prix maintenant
1. Janot, c'est Jean Dorât. ; ce n'est pas Jean-Antoine de Baïf, comme le dit une note de l'éd. Blanchemain (IV, p. 22); dans la poésie pastorale de l'époque, Baïf est désigné sous le nom de Toinet.
2. Perrot, c'est Pierre de Ronsard. Ce nom et celui de Janot correspondent à ceux de Damœtas, .Egon et Alphesibœus de l'églogue virgilienne.
3. L'éloge de l'âge d'or était un lieu commun, qui remonte à Hésiode (^Théog.). Ronsard l'a plus d'une fois traité, d'après Virgile Buc.W; Georg., I, 125 sqq., et les clégiaques latins, Tibulle (I, 5), Properce
Ha, bel aage doré, où l'or n'avoit puissance !
516 Mais doré pour autant que la pure innocence, La creinte de mal faire, & la simple bonté Permettoient aux humains de vivre en liberté ! Les Dieux visiblement se presentoient aux hommes,
520 Et pasteurs de troupeaux tout ainsi que nous sommes Au millieu du bestail ne faisoient que sauter, Aprenans aux mortelz le bel art de chanter.
Les boeufs en ce temps là, paissans parmy la plaine,
524 L'un à l'autre parloient, & d'une voix humaine,
Quand la nuict approchoit, predisoient les dangers, Et servoient par les champs d'oracles aux bergers : Il ne regnoit alors ny noise ny rancune,
528 Les champs n'estoient bornez, & la terre commune Sans semer ny planter, bonne mère, aportoit Le fruit qui de soymesme heureusement sortoit ' : Les procès n'avoient lieu, la rancueur ny l'envie.
552 Les vieillars sans douleur sortoient de ceste vie Comme en songe, & leurs ans doucement finissoient, Ou d'une herbe enchantée ils se rajeunissoient : Jamais du beau Printemps la saison emaillée [26]
536 N'estoit (comme depuis) par l'hyver despouillée. Toujours du beau Soleil les rayons se voyoient, Et toujours par les bois les Zephires s'oyoient :
520. é-j-S-j par ces champs où nous sommes 525. 'j8-8j Quand les malheurs venoient 531. 6j-Sj la guerre ny l'envie
534. /(? Ou du just de quelque herbe | 5^-^/ Ou mangeant de quelque herbe
(III, 15), Ovide {Met., I, 8gsqq.); mais ici il a imité directement Sannazar, oj). cit.. chant d'Opico (traJ. J. Martin, fF. 36 et 37) ; certains détails ne laissentaucun doute à ce sujet.
I. Le fruit se formait spontanément ; « de soy mesme » correspond à « sans semer ni planter » du vers précédent.
Toujours le Rossignol chantoit par la verdure : 540 Tous ces villains oyseaux de dangereux augure,
Orphrayes & Chouans, qui sont cornus au front,
Sur le haut des maisons ne chantoient comme ils font.
La terre, comme elle est vers les hommes despite, 544 N'engen droit ny venin ny plante d'Aconite
Mais Myrrhe précieuse & la Gomme qui sent
Si doucement au nez, & le Basme & l'Encent :
Chacun se repaissoit desouz les frais ombrages
548 Ou de laict ou de glan ou de frezes sauvages.
O saison gratieuse ! helas, que n'ay-je esté
En un temps si heureux en ce monde aletté !
Meintenant on ne voit que Circes & Medées ', 552 Que Cacus ehontez aux mains outrecuidées 2,
Que Busyrs, Geryons 3, que Protées nouveaux