INTRODUCTION XV
feu».Pource spectacle, qui terminait les fêtes, Ronsard composa trois pièces : le « cartel d'une damoyselle au Roy », qui contenait en huit strophes l'appel de ces captives ; le « sonnet pour chanter à une mascarade a ; le « cartel pour l'hermite au combat du Roy à Fontainebleau » '. Autant de preuves que notre poète avait lu le roman d'Atitadis et s'en inspirait à l'occasion, bien qu'il l'eût considéré d'abord, avec quelques-uns de ses amis littéraires, comme un reste de l'époque d'ignorance, tout juste bon pour amuser « les gentilz-hommes et les damoyselles » . En 1564, il y avait quelque dix ans que ses amis et lui travaillaient à plaire aux «gentilz-hommes» et aux «damoyselles», et avaient, par suite, abandonné leur dédaigneuse doctrine-.
Ronsard a encore écrit à l'occasion de ces fêtes plusieurs sonnets, entre autres « à Mg'' le prince de Condé », dont il vante l'entrain et la bravoure, et aux « dames » de la Cour « pour une mommerie le jour de caresme-prenant » ; enfin une œuvre de longue haleine, la Bergerie, dont il nous reste à parler.
Au sujet de cette pièce d'un genre nouveau, sorte de mascarade-pastorale ou d'églogue-ballet, on a émis différentes hypothèses. 10 Elle fut effectivement jouée par les acteurs que Ronsard a indiqués, dont quatre princes et une princesse, malgré leur jeune âge (de 9315 ans)'. 2° Elle le fut, mais par des acteurs plus âgés figurant ces princes et cette princesse, comme les deux pasteurs de l'antre, qui « représentaient » l'un la reine mère, l'autre sa belle-sœur, la duchesse de Savoie*. 30 Elle n'a pas été jouée, non seulement à cause de l'âge des princes, dont le plus jeune François d'Anjou, aurait eu à réciter deux tirades.