‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 4)Chapitre 13 sur 263 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

milieu des filles d'honneur de la reine-mère, qui jouèrent là un un grand rôle, Condé fut le héros des tournois et des mascarades, et Ronsard prodigua sa verve pour elles, pour lui, pour les souverains et les princes, avec une étonnante facilité.

Le dimanche gras « après diner», c'est-à-dire l'après-midi, les dames et seigneurs de la Cour jouèrent, dans la grande salle de bal du château, une tragi-comédie tirée de l'Arioste et intitulée la Belîe Genièvre. Ronsard en composa les intermèdes et l'épilogue'. — Le lundi, c'est au logis de Mgi" d'Orléans, Henri, frère du roi, qu'une mascarade fut donnée, pour laquelle Ronsard composa deux odes et un sonnet : les odes furent récitées par deux filles d'honneur de Catherine, travesties en sirènes, « au canal du jardin », le sonnet par une autre, figurant « la nymphe de la fontaine» audit jardin, le tout « accompagné d'une parfaite musique »=. — Le mardi, autre divertissement : un tournoi-carrousel, où « volterent six compagnies de six cavaliers » aux couleurs diverses, et «paradèrent six dames à cheval toutes vestues en nymphes » ; après quoi, cette petite troupe assiégea une tour enchantée, défendue par six tenants, d'entre lesquels deux géants, qui en gardaient l'entrée, rompirent des lances contre le roi et son frère, chefs des assaillants ; enfin ceux-ci, restés vainqueurs, délivrèrent deux belles prisonnières, qui, sur l'avis de la fée Urgande, les avaient appelés à leur secours; «et au même temps», ajoute Casteinau, « la tour artificiellement faite devint tout en

gitives pour servir à l'h'nt. de France, t. I, prem. partie, et par Ciniber et DanjoLi dans les Archives curieuses, t. V et VI. — Michel de Casteinau, Mémoires, liv. V, chnp. vi ; réédité dans la coll. Michaut, t. IX, et la coll. Petitot, I" série, XXXIIi. — Brantôme, éd. Lud. Lalanne, t. III, p. 313 ; V, p. 376 ; VII, p. 370. — Un anonyme. Recueil des Triumphes et Magnificences qui ont esté faicles au logis de Mg^ le Duc d'Orléans frère du Roy, estant à Fontainebleau au festin qu'il feit le lundy gras dernièrement Xini" jour de febvrier (Troyes, Fr. Trumeau, s. d. [1564]; est à Aix en Provence, Bibl. Méjanes, 15423 (Rés. D 42). Cf. J. Madeleine, intéressant article des Mélanges Lanson. Les récits de ces témoinsdifFèrent un peu dans le détail .

1. V. ci-après, pp. 212, 218, 220. Cf. J. Madeleine, La belle Genièvre, première en date des tragi-comédies françaises (Rev. Ren., t. IV^, 1903, p. 30 et suiv.); Lanson, Les origines de la tragédie class. (Rev. Hist. Litt., t. X, 1903, p. 423).

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