j Souspire en vain son amy
1. Cette épîtrefut adressée de Paris à la Reine mère dans les derniers mois de 1564. Catherine de Medicis, accompagnée de presque toute la Cour, poursuivait son voyage de pacification à travers les provinces. Du 24 septembre au }i décembre, elle séjourne dans lo Midi, à Avignon, Aix, Toulon, Marseille, Arles, Tarascon, Nimes et Montpellier. Cf. Correspottdatice de Catherine de Mrd. ; Abel Jouan, Recueil et discours du Voyage du Roy Charles IX ; P. Champion, Catherine de Mcd. présente à Charles IX son royaume (Paris, Grasset, 1957). Certains détails du texte permettent de conjecturer une date de composition plus précise (v. ciaprés note du vers 60).
2. Comparaison prise à Hor.ice Carm., IV, 5, 9 sqq. Plus loin, R. s'est encore inspiré de celte ode, où le poète latin souhaitait le retour d'Auguste, absent de Rome depuis longtemps.
14^ ÉtEGÏES
12 Et triste attend l'heure de son retour i
Et telle ardeur de le voir la transporte, Qu'à la fenestre, au chemin, à la porte Cent fois le jour & cent va regardant :
i6 Mais en voyant que le temps cependant
De sa promesse est ja passé, à l'heure, Eh s'enfermant dedans sa chambre pleure, Gemist, souspire, & mord le lict en vain :
20 Puis discourant d'un jugement mal sain
Sur ce qui peut retarder la présence [41 v°]
D'un jeune amant, à toute chose pense, Resve, discourt, & plaine d'amour fait
24 Par trop douter que jamais satisfaict
N'est son penser, qui mal ferme chancelle,' Feignant tousjours quelque cause nouvelle. De tel désir toute France, qui pend '
28 De vos vertus, vostre présence attend,
Et le retour de nos deux jeunes Princes Qui desouz vous cognoissent leurs provinces ^. Mais quand on dit que Phebus aux grands yeux
32 Aura tourné tous les Signes des cieux.
Et que la Lune, à la coche attelée