‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 4)Chapitre 159 sur 263 · Souvenir de Virgile, C/»»î, 479 sq · texte numérisé non relu

Souvenir de Virgile, C/»»î, 479 sq

5. C.-à-d. : abandonnées par les laljoureurs ; sens du latin desolutiis, qui persiste au xvii° siècle, par ex. chez Bossuet.

4. Aucun sens rectritif ici. Cela veut dire simplement : et les choses étant ainsi. Déjà vu souvent.

5, C.-à-d. : en temps de paix.

/ ^'eusse dormy d'une mort bienheureuse,

Et en ma part je n'eusse point senty

72 Le mal venu d'un siècle perverty.

De tels malheurs la nouvelle as bien sceuë

Outre la mer, & présent je l'ay veuë :

J'ay veu le mal & en maudi mes yeux, [46]

76 Tristes tesmoings de faits si vitieux.

Hà quantesfois ay je désiré d'estre Dedans un bois un gros chesne champestre, Ou un escueil pendu de sur la mer,

80 Pour n'ouyr point ce vieil siècle nommer

Siècle de fer, qui la vertu consomme ! Le haïssant, il me faschoit d'estre homme, Et maudissois ma raison, qui faisoit

84 Que le malheur si vif me desplaisoit.

Or le malheur d'un si fascheux esclandre S'est en tous lieux si loing laissé respendre. Que toy, qui fus en ambassade absent,

88 As enduré autant que le présent,

Ayant souffert dedans ccste isle Angloise Beaucoup de mal pour la guerre Françoise, Rigueurs, prisons ' : aussi esse, De Poix,

92 Bien la raison qu'un parent de nos Rois,

Comme tu es, courre mesme fortune, Et qu'à la leur la tienne soit commune * :

70. 8"] d'une poussade heureuse 73-76. S"] inpprime ces quatre vers 79. yS-Sj Ou un rocher 88. 6y-Sy autant comme présent

1. « A cause qu'en Angleterre on mal-menoit les Catholiques, comme ceiix de la Religion estoient mal-menez en France» (n. de Marcassus).

2. Cette parenté remontait à .Marguerite de Foix, qui de son mariage avec François duc de Bretagne eut une fille, Anne, laquelle épousa en secondes noces le roi Louis XH, dontelle eut Claude ;ceile-ci, mariée à François l"', fut la mère de Henri II, donc l'aïeule de Charles IX,

Car volontiers, par un mesme meschei,

96 Les membres ont la peine qu"a le chef.

Je suis marry qu'un si cruel naufrage Est arrivé au millieu de nostre aage, Lors qu'on voyoit de meint homme sçavant

100 Et le labeur & le nom en avant,

Et la jeunesse assez proprement née

Estre du tout aux lettres addonnée ' :

Bien que toujours les Monarques sceptrez [46 voj

104 Soient soupsonneux des peuples si lettrez 2.

On dit bien vray que lors qu'un populaire Est trop sçavant, que prompt il délibère Je ne sçay quoy de haut, pour délaisser

108 Le joug servil qui trop le vient presser,

Et pour le rompre il se bande & invente Mille moyens d'achever son attente.

Ce sont ceux-là qu'il faut craindre, & non ceux

112 Qui ont l'esprit grossier & paresseux,

Masse de plomb au ciel non eslevée, Et vrays chartiers à porter la courvée. Toy, bien ruzé aux affaires, sçais bien,

116 Lisant ces vers, si je dymal ou bien.

Or il est temps que ce propos je changç

95. jS-Sy Le plus souvent 95-96. 6y-Sj guillemets 98. <S'^-(Î7 Vienne s'espandre au milieu loi. (?7 dextrenient née 104. Sj trop lettrez

107-108. 7S-S7 Un fait hautain pour du col secouer Le joug servil qui trop le vient nouer

1. A rapprocher d'un passaoje de l'Epistre au lecteur qui précède les Nouvelles Poésies (t. XII, p. 15) : Et voulez-vous que je vous die ce qui m'a le plus ennuyé durant les troubles ?

2. On dirait aujourd'hui : des sujets si cultivés (ou évolues, en parlant des indigènes de nos colonies).

Pour reviser au blanc de ta louange ', Dont je m'estois en tirant séparé, Plein de courroux qui m'avoit égaré.

Toy le premier, yssu de haute race, Abandonnant du vulgaire la trace, As embrassé, remply d'authorité, La loy qui rend à chacun équité, Faict Sénateur de cette Court suprême Qui en sçavoir n'a pareil qu'elle mesme^, Où tu luisois en vertu, tout ainsi du'un beau Soleil de rayons esclarci, Quand, balanceant d'une main équitable Le droit douteux, juge non corrompable, Faisois justice, & sans esgard d'aucun [47]

Rendois la loy droituriere à chacun >.

Puis, te haussant par mérites honnestes. De conseiller fus maistre des requestes, Puis envoyé en ambassade, afin Que ton esprit promt & gaillard & fin Ne se rouillast sans manier affaires.

Qui sont aux Rois grandement nécessaires.

Tu ne seras si soudain arrivé Que ja ta place est au conseil privé, Et si ma Muse en sa fureur augure Je ne sçay quoy de la chose future, Un jour premier à l'entour de nos Rois

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