XVI INTRODUCTION
de 34 et de 92 vers, mais surtout parce que les mémorialistes qui ont relaté les fêtes de Fontainebleau n'en ont rien dit, ni Catherine de Medicis en sa Correspondance, ni les ambassadeurs en leurs rapports. C'est l'hypothèse à laquelle je me suis arrêté, après avoir incliné d'abord vers la première'. A ces deux objections, dont H. Chamard a retenu la seconde comme « plus décisive » ', j'ajoute maintenant les considérations suivantes.
Oui, cette Bergerie devait être jouée à Fontainebleau, très probablement au domaine de « la Vacherie », qui était pour Catherine ce que fut deux siècles plus tard le Trianon pour Marie- Antoinette. Et cela, à la veille du grand voyage à travers les provinces, dont Guisin, l'un des personnages, parle ainsi :
G grand pastevir Carlin, ornement de nostre âge, Haste toi d'aller voir ton fertile héritage... Catherine ta mère, à ta main dextre assise, D'un voyage si beau conduira l'entreprise.
Mais elle devait être jouée aux premiers jours du printemps, et non durant les fêtes du Carnaval, témoin ce début dç la première tirade d'Orleantin :
Puis que le lieu, le temps, 1a saison & l'envie Q.ui s'eschaufent d'amour, à chanter nous convie, Chantons donc, bergers, & en mille façons A ces vertes forests apprenons nos chansons.
Suit une description du printemps, puis ce tercet :
Nos flûtes cependant trop paresseuses pendent A nos cols endormis, & semble que ce temps Soit à nous un hyver, aux autres un printemps.
Or, après beaucoup d'hésitation, la date du départ fut avancée au 1 3 mars, et par conséquent ladite représentation sacrifiée. P. Chanipion, qui, d'après ce passage, avait d'abord écrit que (c cette pastorale fut composée à Fontainebleau au printemps de l'année 1564 », s'est repris par la suite, la faisant remonter au
1. Ronsard poète lyr., p. 222 ; Œuvres de Ronsard, éd. in-8 Lenierre, t. VII, p. 386.