‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 4)Chapitre 171 sur 263 · Bl. un be.-iu renom (erreur t\p · texte numérisé non relu

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21$. S4-SJ le rempnrt Sicilois | 1604 et éd. sitiv. texte primitif

EotTiON's : Elégies, Muscanuies et Bergerie. 1565. — Œuvres (Elégies» 2' livre) 1567 à 1575 ; (id., livre unique) 1 578. — Supprimée en 1584 — Reproduite dans le Recueil dès Piècis retranchées, 1609 et éd. suiv.

8 Est d'un metail qui reluist tout ainsi

Que hït ma foy, qui purement s'enflame

De la clarté de vostre saincte flame,

Et tellement vit en vostre amitié 12 Qu'autre que vous n'y a part ny moitié '.

L'or est gravé, & l'amour qui m'imprime

Vostre vertu que tout le monde estime,

M'a si au vif engravé de son trait 16 Et vostre grâce & vostre beau portrait,

Q.ue je ne vy, sans voir en tonte place

Vostre présence au devant de ma face,

Car plus vos yeux sont eslongnez de moy 20 Et de plus près en esprit je les voy.

Sur les deux bords sont engravez deux temples, [5 2 v*^]

(Des amitiés les fidelles exemples)

Car par peinture il faut représenter, 24 Ce qui nous peut toutes deux contenter 2.

Le temple donq d'Apollon représente

Le beau Chorebe, & l'ardeur violente

Dont pour Cassandre Amour tant le ferut 28 Que pour sa dame à la fin il mourut?.

O belle mort! avienne que je meure

Vostre, pourveu que vostre je demeure :

Heureuse lors je pourrois m'estimer 52 Q.uand je mourrois ainsi pour vous aymer,

Car l'amitié dont je vous sers est telle

Qu'elle sera après mort immortelle :

1. A lire ee début, on croirait qu'il s'agit d'une épitre adressée par un homme à une fimme. La suite montre que c'est une épitre de femme à femme.

2. Sur ces rtniours entre femmes, ;'i l.i Cour de Catherine de Medicis, Br.int6me nous renseigne abondamment (éd. L.ilanne, t. IX, p. 197 et suiv.). V. encore dans Pontus de Tyard une Elégie pour une davte marMu'rce d'une autre dam' (éd. Mariv-I.ave.iux, p. 191).

5. SurChorebe, V.Virgile, £«.'11,341 sqq. Au vers 27. ferut= frappa.

Aussy le temps, ny l'absence des lieux,

36 Tempeste, guerre, ou l'effort d'envieux

N'effaceront, tant leur rigueur soit forte, Nostre amitié que sainctement je porte.

Pource j'ay mis autour du temple aussi

40 Ce vers latin qui s'interprette ainsi,

Vostre amitié chaste avecque la mienne Surmontera toute amour ancienne.

Dans l'autre Temple à Diane voiié

44 (Où la Scythie a tant de fois loué

L'amour de deux qui rarement s'assemble) Se voit Oreste & son Pylade ensemble.

Deux compagnons si fermement amis

48 Que l'un cent fois comme prodigue a mis

Son sang pour l'autre, ayans tous deux envie [53] De consacrer l'un pour l'autre la vie : Cœurs généreux, & dignes de renom

52 Qui pour aimer ont célébré leur nom'.

Telle amitié bien qu'elle fust parfaitte Est aujourd'huy par la mienne deffaitte, Car je la passe autant que je voudrois

56 Mourir pour vous cent & cent mille fois :

Pource j'ay pris un vers latin qui montre Qu'Amour pareille icy ne se rencontre.

Et que ces deux le lieu doivent quitter

60 A notre foy, qui les peut surmonter*.

Desoubz le temple est l'autel où la Grèce

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