j-y8 ou effort
T. C.-à-d. : Q.ui p.ir leur amitié ont rendu leur nom célèbre. Cf. Euripide, Iphig. en Tauride. La Tauride était la Crimée actuelle; d'oili la mention de la Scythie au vers 44.
2. L'amitié d'Oreste et de Pylade doit le céder à l'amitié de ces deux dames.
(Ains que tuer la Troyenne jeunesse)
Jura dessus, que point ne se lairroit, 64 Mais au combat l'un pour l'autre mourroif.
Sur cet autel, Maitresse, je vous jure
De vous servir, & si je suis parjure,
Le Ciel vangeur de l'incertaine foy 68 Puisse ruer la foudre desur moy :
Le vers Romain donne assez à cognoistre
Qu'en vostre endroit fidelle je veux estre,
Et que mon sang je voudrois sur l'autel 72 Verser pour vous par service immortel.
Dedans la pomme est peinte ma figure
Palle, muette, & triste, qui endure
Trop grièvement l'absence de nous deux 76 Ne jouissant du seul bien que je veux.
Ha ! je voudrois que celuy qui l'a faitte [53 v°]
Pour mon secours ne l'eust point fait muette,
Elle pourroit vous conter à loysir 80 Seulle à par vous, l'extrême desplaisir
Que je rcçoy me voyant séparée
De vous mon tout, demeurant égarée
De tant de bien qui me souloit venir, 84 Ne vivant plus que du seul souvenir.
Et du beau nom que vous portez, Madame.
Qui si avant m'est escrit dedans l'ame -.
1. C.-à-d. : les diftérents chefs de la Grcce, av.int d'entreprendre \a guerre contre les Troyens, jurèrent de ne p.is se l.icher (lairroit = laisseroit;, mais de combattre et de mourir les uns pour les autres. Cf. Euripide, Iphig. à Aulis, 57 à 83.
2. La destinataire s'appelait Diane, comme on le voit par la suite; mais ce prénom ne suffit pas à l'identifier. La Cour comptait alors nombre de dames et damoiselles ainsi nommées : Diane de Clermoiit, mariée à Louis de Monllaur; Diane d'Estrées, mariée au maréchal de Balagny ; Diane de Cossé-Brissac, sœur du maréchal; Diane de la Marck,' duchesse de Nevers ; Diane Babou, mariée à Charles Turpin, sgr. de Montoiron, etc. D'après P. Champion {Ronsard et son temps, p. 227, note i), il s'agirait de Diane de Cossé-Brissac,
Mais quel besoin est il de présenter
88 Un portrait mort, qui ne peut contenter ?
Quand de mon corps vous estes la maîtresse ', Et de l'esprit qui jamais ne vous laisse ? Las ! c'est afin qu'en le voyant ainsi
92 A tout le moins ayez quelque soucy
De moy qui suis en douleur languissante Pour ne voir point vostre face présente, Car plus grand bien je ne pourrois avoir
96 Qjue vous servir en présence, & vous voir.
Puis tellement dedans vous je veux estre Qu'autre que vous je ne veux recognoistre : Le vers Romain mis autour du portrait
100 Déclare assez mon désir si parfait,
C'est qii'Aiiiic vit en sa Diane mise, Diane en Anne, & que le temps qui brise Murs & Omlcaux, à qui tout fait plyer,
104 Deux si beaux noms ne sçauroit deslier.
Le plus grand bien que Dieu ça bas nous face [54] C'est Tamitié qui toute chose efface.
Sans amitié la personne mourroit,
108 Et vivre saine au monde ne pourroit,
C'est doncq le bien qu'au monde il nous faut suivre, Car ny le sang ne nous fait pas tant vivre, Le cœur, l'esprit, comme fait l'amitié
112 Ayant trouvé un autre sa moitié.
loi. Sy-yS en sa Diane esprise 105. Sy-yS Empire & Rois
iio-iii. dj-yS Le sang, le cœur ne font les hommes vivre Tant comme fait la fidelle amitié