‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 4)Chapitre 227 sur 263 · Tr. de Nayades · texte numérisé non relu

Tr. de Nayades

1. Allusion aux Ordonnances de i>4<)-i55o (cf. t. III. p. So. et VIII, p. 65 et suiv.)

2. C.-à-d. : C'était comme un retour à l'âge d'or, de cet âge primitif que R. a si souvent décrit d'après Hésiode (Trav, et Jours), Virgile {Bue., IV ; Georg., I ; lîn.. Vlll) et Ovide (.Ur/., I).

). Portun est le dieu des ports. Sur cette mythologie transposée à la cour de Henri II, v. Ed. Bourciez, thèse de 1S86. CI. Marot en avait dit autant de la cour de Fran.;ois i". dans son I-'ghgue nu Ro: (éd. l.innet, t. l.p. 45).

Mais quand le ciel, qui ne se peut fléchir

Par nos soupirs, se voulut enrichir,

O ciel cruel ! de la mort d'un tel Prince,

Le monde fut despouillé de bon heur,

Fut devetu d'ornement & d'honneur,

48 Et la vertu laissa nostre Province ',

En lieu de paix, d'amour & de bonté Vint la malice au visage ehonté, Haines, discords & factions de villes.

Désir de sang les hommes fit armer.

L'ambition après vint allumer

54 Le grand brazier des querelles civiles.

Le peuple adonq' transporté d'apetit, Tout insensé, d'armes se revestit :

Lors la raison de soubz les pieds fut mise : Bref le François par sa desloyauté De son pais arracha la beauté,

60 Comme un jardin sacagé de la bize. [77J

Alors les Dieux d'un tel fait deplaisans, Voyans la Royne, & ses filz en bas ans. De tous costez tourmentez de la guerre. Pour ne souiller leurs yeux en regardant Le sang versé desoubz le fer ardant,

66 Par grand despit se cachèrent soubz terre.

L'un s'enferma dans le creux d'un rocher. L'autre s'alla dans un arbre cacher,

51. Tr. et faction des villes 64. Tr. les yeulx (erreur typ.) 67. Tr. dans le mur

I. C.-à-d. : abandonna la France pour remonter au ciel. Cf. Ovide, op. cit. :

Victa j.icet Pietas, et virgo caede madentes Ultima Caslestum terras Astrica reliquit.

L'autre en un Antre, & l'autre soubz les ondes :

Ainsi que nous, qui depuis ce temps là

Que le malheur d'icy nous exila

N'avions au ciel montré nos tresses blondes :

Sinon ce jour de long temps attendu Où Charles Roy de Henry descendu, Vray héritier des vertus de son père, Desur son peuple ha maintenant pouvoir, Et c'est pourquoy nous venons icy voir Ce jeune Prince en qui la France espère.

Nous venons doncq', ô Roy, selon raison Te saluer en la belle maison due ta largesse à ton frère a donnée ', Où, s'il te plait, pour te rendre plus seur De l'advenir, oy les vers de ma Sœur, Qui va chanter toute ta destinée.

69. Tr, L'autre soubz terre 72. Tr. nos testes blondes 78. Tr. Le jeune Prince

I. On a pu croire qu'il s'agit du palais tout entier de Fontainebleau ; mais J. Madeleine, qui l'avait d'abord cru, a rectifié ainsi son opinion : « Il n'y a aucune trace que Fontainebleau ait jamais cessé d'être Maison royale pour devenir l'apanage d'un prince du sang » (Quelques poètes à Fontainebleau, 1900 pp. 10 et 366). Il s'agit d'un « host'.-l » qui appartenait en propre au duc d'Orléans, auquel Charles IX en avait fait cadeau. Chaque prince, chaque grand seigneur avait son logis particulier à Fontainebleau, soit dans le bourg, soit dans les dépendances du palais.

PROPHETIE pour la seconde Sereine.

O Prince heureusement bien né Qui fus béni des ta naissance Par l'Eternel qui t'a donné 4 Toutes vertus en abondance :

C'est toy qui nous estois promis Pour avoir tout seul la victoire, C'est toy par qui sera remis 8 Ton Sceptre au plus haut de sa gloire.

C'est toy Charles de qui l'honneur, Remparé d'une vertu sainte, Emplira la France de bon heur 12 Et les Rois estrangers de crainte.

Crois doncq' & d'une majesté Montre toy le fiiz de ton père.

Et porte au front la chasteté 16 Qui reluit aux yeux de ta mère.

Car en estant comme tu es Aux vertus nourry des jeunesse, Tu passeras tous les mortels '

Titre. yi-Sj Prophétie delà seconde Sereine

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