‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 4)Chapitre 245 sur 263 · Hyperbole à la fai;on de Pétrarque · texte numérisé non relu

Hyperbole à la fai;on de Pétrarque

5. Il s'agit encore d'Isabeau et ce sonnet a été composé, comme le précédent, pour le compte du prince de Condé ; c'est du moins très vraisemblable.

Du ciel cruel la violence dure Qui me commande à mourir pour vos yeux : Doncques je viens vous présenter, Madame, Ce nouvel an pour obeyr aux cieux, Le cœur, l'esprit, le corps, le sang & l'ame '.

SONET A RHODENTHE\ [83]

Le premier jour du mois de May, Madame, Dedans le cœur je senty vos beaux yeux,

Editions : Elégies, Masc. et Bergerie, 1565. — Œuvres (Amours, 2' livre) 1567 à 1572 ; (Id. i"livre) 1578 à 1587 et éd. suiv.

Titre. 6'j-S'] suppriment la dédicace

1. Comme l'indique le vers 15, ce sonnet est une « estrenne », et par suite remonte au i" janvier 1564, alors que la Cour était encore au Louvre. Pour cette date des étrennes, adoptée déjà au t. X, p. 66, voir une pièce d'Am. Jamyn, Discours pour estraines sur le mois de janvier {Œuvres, liv. I, 1575).

Note mise sous le nom de Belleau dans les éditions de 1567 ;i 1572, puis sous le nom de Muret en 1578, quand le sonnet passa du second livre au premier livre des Amours, où il resta : « Le Poète m'a quelquefois dit que ce sonnet n'est point fait pour représenter sa passion, mais pour quelque autre dont il fut prié, désirant infiniment n'estre point recherché de tels importuns, qui luy font plus de desplaisir en lui communiquant leurs amours, qu'il n'a de plaisir à chanter les siennes. »

2. D'après P. Champion {Ronsard et scn temps, pp. 226 et 241), et M. Raymond {Influence de Ronsard, t. H, pp. 64, 115 et 158), ce pseudonyme désignerait Madeleine de l'Aubespine femme du ministre Villeroy. C'est une hypothèse toute gratuite. Celui que lui attribuaient les poètes du temps, c'est Callianthe (la Belle fieur). Cf. R. Sorg, R. D. D. M. de janvier 1925, p. 128 et suiv. et J. Lavaud, thèse sur Philippe Desportes (Paris, 1936), p. 508 et suiv.

Ce sonnet figure de 1^67 à 1572 à la fin de la 2° partie des Amours, à la suite de sonnets relatifs à Isabcau de Limeuil ; à partir de 1578 dans la i" partie des Amours, avec cette note d'un pseudo-.Muret (très probablement Ronsard lui-même) ; « Ce sonnet n'appartient point à i'autheur, mais à quelcun qui prenait congé de sa maîtresse " ; et ce quelcun est, à mon avis du moins, Louis de Coudé, qui, prenant congé d'Isabeau de Limeuil, avait demandé à Ronsard de composer ce suunet pour lui. Voir les notes des deux sonnets précédents.

Bruus, doux, courtois, rians, délicieux,

Qui d'un glaçon feroient naistre une flame.

De leur beau jour le souvenir m'enflame Et par penser j'en deviens amoureux :

O de mon coeur les meurtriers bienheureux, 8 Vostre vertu je sens jusques en l'ame.

Yeux qui tenez la clef de mon penser, Maistres de moy, qui peustes offenser II D'un seul regard ma raison toute esmue :

Ha ! que je suis de vostre amour espoint, Las! je devois jouyr de vostre veue 14 Plus longuement, ou bien ne vous voir point.

Pour la nymphe de la fonteine de Monseigneur à Fonteine-bleau

du logis de Monseigneur d'Orléans

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