C.-.i-d. absorbé par l'étude
i$é Ces braves courtisans enflez de trop de pompe, Qui tousjours importuns à mes aureilles sont : Mais honteuse je porte une vergogne au front, QjLiand il me faut tromper par trop d'ingratitude
i6o Ou les hommes de guerre, ou les hommes d'estude : Les uns gardent le peuple, & les autres des Rois Eternisent l'honneur par une docte voix. Je crains plus les derniers, d'autant que blanche ou noire
164 Ils font, comme il leur plaist, des hommes la mémoire. J'ay tousjours bon vouloir, mais tousjours je ne puis Contenter un chascun, tant quelques fois je suis D'aflfaires accablée : & alors comme saige
168 Je me sers au besoin d'un gracieux langaige. Pour retenir les cueurs des humains : autrement Je perdrois mon crédit en un petit moment. La paroUe, Ronsard, est la seule magie,
172 L'ame par la parolle est conduicte & régie. Elle esmeut le couraige, esmeut les passions, Esmeut les volontez & les affections :
Par elle l'amoureux peult fleschir sa maistressé,
176 Par elle l'usurier addoulcit sa rudesse,
Prestant sans interest, & le courroux des Dieux S'appaise par l'effort d'un parler gratieux : Je m'en aide souvent comme d'un artifice
180 Qui contraint un chascun à me faire service,
Et est le seul moyen qui mon nom fait vainqueur, Car tousjours la parolle est maistresse du cueur. Dieu mesme, qui tout peult, ne sçauroit jamais faire
184 Que sa volonté puisse à tous hommes complaire :
156. 7^-57 Ces fardez Courtisans 161. 8"] Les uns gardent le sceptre 169. S"] les cœurs des sujets