i8-8-] Et c'est le seul moyen
L'un désire la pluye, & l'autre le beau temps,
Et jamais icy bas on ne les voit contens :
Mais une heure à la fin accomplit toutes choses,
i88 Tousjours une saison ne produit pas deux roses, Et tousjours des humains le sort n'est pas esgal, Il fault l'un après l'autre endurer bien & mal : Et l'homme qui se deult d'une telle adventure
192 Pèche contre les loix du ciel & de nature.
Ainsi disoit Promesse : & je luy respondy, O visage effronté, impudent & hardy !
Apres m'avoir trompé quinze ans, sans recompense
196 De tant de beaux labeurs dont j'honore la France, Me veux-tu retromper ? va t'en, je te promets Par mon sainct Apollon de ne t'aimer jamais : Ce n'est pas d'aujourd'huy que ton fard je descouvre,
200 Je t'ay mille fois veu en ces salles du Louvre, Et tu m'as mille fois par ton langaige beau Pipé à Sainct Germain & à Fontainebleau, Et en ces grands maisons superbes & Royalles,
204 Oli jamais on ne voit les promesses loyalles ' : Pource va t'en d'icy, car je te hay plus fort (Et certes à bon droict) que je ne hay la mort : Tu as, comme une ingrate, impudente & rusée,
208 De tes appasts trompeurs ma jeunesse abusée. Tu m'as nourry d'espoir, tu m'as faict asseurer, Tu m'as faict espérer pour me désespérer : De toy, cruelle, ingrate, & digne de martyre,
ii2 Qui me donnes la baye ^, Se ne t'en fais que rire :