‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 4)Chapitre 3 sur 263 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

qu'il en soit, je n'ai pu adopter que le texte de 1564, le seul connu actuellement ' .

Cette plaquette ne portait en son titre aucune indication de lieu, ni d'éditeur ; mais la précaution était superflue, car la Reine mère, loin de s'offenser, fit obtenir au poète en 1564 la récompense qu'il sollicitait, à savoir une abbaye, celle de Bellozane en Normandie, échangée peu après pour le plaisant prieuré de Saint- Cosme-lez-Tours ^

Un autre grand personnage avait fait des promesses à Ronsard, mais ne les avait pasplus tenues que la Reine mère. C'est Charles de Guise, Cardinal de Lorraine, qui fut tout-puissant sous les règnes de Henri II et de François II. Notre poète l'avait eu pour condisciple pendant un semestre au collège de Navarre, et il avait profité de cette camaraderie, toute brève qu'elle eût été, pour solliciter l'octroi de bénéfices de ce prélat, qui sous Charles IX réunit à lui seul douze sièges épiscopaux, dont trois archevêchés. A cette fin il lui avait fait sa cour pendant plus de dix ans, sans obtenir autre chose que de bonnes paroles.

Dès son premier recueil, en 1550, il lui adressait une Odepindarique, courte, mais très élogieuse, célébrant du même coup ses ancêtres '. Il y revenait en 1556, en deux longues pièces, \ Hymne de la Justice ^t une Epître familière, où, rappelant le souvenir du collège, il implore la générosité du prélat en faveur de la Franciade, et lui promet l'immortalité en retour de la prébende sollicitèct. Puis en 1559, coup sur coup c'est le Chant pastoral, à

1. On en connaît quatre exemplaires : celui de Blancheniain, passé dans la Collection des libraires Maggs ; celui de la Bibliothèque de J. de Rothschild; celui de la Hofbiblioth. de Munich et celui que Fr. Lachèvre a offert à notre Bibl. Nat. (Rés. pYe 513).

2. Ronsard n'a pas recueilli la Promesse dans ses Œuvres en 1567, non pas parce que cette pièce avait déplu à la reine-mère, mais parce que dans l'intervalle il avait obtenu sa récompense et l'en avait remerciée par un sonnet en 1565, lors du passage de la Cour au prieuré de Saint- Cosme. En 1567, cette satire eût été inopportune et même déplacée,

5. Cf. t. I, p. 79, texte et notes. 4. Cf. t. VIII, pp. 47 et 528.

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