INTRODUCTION VII
l'occasion des fêtes nuptiales du duc de Lorraine et de Claude de France au château de Meudon, où le poète fut invité, V Hymne du Cardinal de Lorraine, accompagné d'une Epislohi coniviendatrixde Michel de THospital, et la Suite de l'Hymne, où reviennent les mêmes éloges et le même appel aux faveurs cardinalices'. Enfin, de 1 5 56 à 1 560, Ronsard glorifiait encore le Cardinal, dans cinq sonnets, dont le premier salue son retour d'une mission à Rome heureusement accomplie, le quatrième lui souhaite la tiare avec la longévité et le cinquième cherche à l'apitoyer sur les besoins d'une vieillesse prématurée^. La plupart de ces pièces comprenaient l'éloge simultané des « frères Guisians », Charles et son aîné François, le Mercure et le Mars de la famille, éloge qui reparut dans les Inscriptions de juin 1559 et V Elégie à G. des Autels de mars 1560'.
Mais l'indifférence du Cardinal à l'égard de Ronsard ayant continué sous le règne de François II et la régence de Catherine de Medicis, le poète perdit patience et fit suivre ses multiples requêtes d'un véritable réquisitoire, qu'il publia en 1565 sous ce titre significatif le Procès. On en trouvera le texte ci-après . Ensuite, silence complet de la part de Ronsard ; bien que le Cardinal ne soit mort qu'en 1574, il ne lui adressa plus jamais un seul vers+ : revirement qui s'explique, certes, par une profonde déception, mais aussi par son attachement à la Reine régente, qui détestait les Guises et disgracia le Cardinal à son retour du Concile de Trente, à la fin de janvier 1564, pour ne pas avoir soutenu làbas contre l'intransigeance espagnole la politique libérale qu'elle estimait, avec raison, la meilleure pour la France et son roi 5.
Le Procès ne fut publié qu'en 1565. Mais sa composition est antérieure de quelques années, témoin les vers 11, 1 19 et 265. Le
1. Cf. t, IX, pp. 2(), 75. 145. Quant à VEpislola de l'Hospita], elle fut publiée seulement en 1560 (cf. t. X, p. 574, note i).