V. ci-dessus, vers
Tu ne gardes jamais ny parolle ne foy,
Ce n'est que piperie & mensonge que toy,
due fard, que vanité : & pour les cueurs attrairc
216 Tu penses d'une sorte, & parles au contraire : Tu lias à ton service un tas de courtisans, De mocqueurs, de flatteurs, de menteurs, de plaisans : Tes valets eshontez, qui sont faicts à ta guise,
220 L'un en faisant le fin toutes choses desguise, L'autre fait l'entendu, & l'autre le ruzé : Ainsi l'homme de bien est tousjours abusé. Malheureux est celuy, qui te suit pour se faire
22| Le fouet dont est fouetté, & fable du vulgaire. Tant s'en fault que je vueille à tes loix me renger. Que je ne voudrois pas tant seulement loger Un quart d'heure chez toy : sors d'icy, piperesse,
228 Tu portes à grand tort Testât d'une Déesse. Ainsi tout furieux la Nymphe je tançois, Quand elle me respond que j'estois un François, Inconstant & léger, & vrayement un Poète,
252 Qui ha le cerveau creux, & la teste mal faicte. Il fault, ce me disoit, corrompre ton destin. Changer ton naturel, te lever au matin. Te coucher à minuict, & apprendre à te taire,
236 Et qui plus est, Ronsard, à n'estre volontaire : Il fault les grans Seigneurs courtizer & chercher, Venir à leur lever, venir à leur coucher. Se trouver à leur table, & discourir un compte,
2p Estre bon importun, & n'avoir point de honte : Voyla le vray chemin que tu dois retenir,
224. yi-Sj Le jouet de ta fraude, & fable du vulgaire 226-227. Sy Que je ne voudrois pas deux heures te loger Ny voir ny caresser