C.-à-d. : de ce sage gouvertienient par les femmes
2. Métaphore empruntée à l'usage antique et permanent des ex-voto.
regiz souz le sceptre des Rois admirent & honorent nostre siècle si bien ordonné, où les dames sont parvenues, les unes par qui doivent naistre, les autres par vertu au sommet de tout suprême commandement '. Or, Madame, tout ainsi que le Roy mon maistre & la Royne sa mère ne vous visitent seulement par lettres & messages, ains honorent vostre Majesté de nouveaux & rares presentz (dont vous sçavez tresbien revancher par semblables courtoisies, ne voulant estre vaincue en si honorable combat) : ainsi à l'exemple de mes maistres, je ne puis estre justement accusé si j'ay pris la hardiesse d'ouvrir le cabinet des Muses % pour vous offrir ce petit présent, lequel sera, peut-estre, mieux receu de vostre Royalle main, qu'un plus riche ou de plus somptueux appareil. Et si quelque melancholique calumniateur se fasche, dequoy, après avoir illustré & honoré mes Rois & Seigneurs naturelz par tant de sortes d'escrits, je dédie & consacre ce mien œuvre aux Princesses d'autres nations, il apprendra par cecy, que je suis tresmarry que plus tost je ne l'ay faict, tant pour envoyer (selon ma petite puissance) les honneurs des Françoys aux peuples voysins, que pour faire connoistre mon nom aux Royaumes cstrangers. Et aussi. Madame, que je ne puis faire service plus agréable à la Royne ma maistresse que vous honorer de ce livre,
1. Le mot wr<// est pris ici en son sens restreint, car l'antithèse est certaine entre les Reines procréatrices comme Catherine, et celles qui, comme Elisabeth, se vantent de rester vierges.
2. C.-à-d. le petit meuble où je serre mes poésies. Molière dira encore avec le même sens, en parlant du sonnet d'Oronte : « il est bon à mettre au cabinet ». Cf. Roger de Felice,Le meuble f'r. duvioyeii âge à Louis XIII, p. 67 (Hachette, 1922).
qui contient, en la plus grande part, les Joustes, Tournoys, Combatz^ Cartelz, & Masquarades, représentées en divers lieux par le commandement de sa Majesté, pour joindre & unir davantage, par tel artifice de plaisir, noz Princes de France qui estoient aucunement en discord '. Ne voulant doncq souffrir que les belles entreprises d'une si grande & vertueuse Royne fussent otieuses dedans un coffre, & pour n'en Truster les estrangers, je les ay volontiers mises en lumière par son commandemant, & dédiées à vous Royne, sa bonne sœur & plus fidelle amye ^ : afin que le reste des Royaumes Chrestiens ne soit ignorant de vostre amitié & fidélité tresassurée, & que la gallantize & gentillesse des Françoys passe quelquesfois en vostre province, & afin aussi que mon nom & labeur (telz qu'ilz sont) vous soient pour jamais treshumblement recommandez''.
Fin.
1. Allusion à la première période des guerres de religion, terminée par le traité d'Amboise, en mars 1565. La politique conciliatrice de Catherine de Medicis, en cette année-là et les suivantes, est bien caractérisée. Outre le livre de L. Romier sur Catholiques et Huguenots à la Cour de Charles IX, v. P. Champion, Catherine de Med. présente à Charles IX son royaume.
2. Expressiondiplomatique, qui traduit un espoir ou un souhait, non une réalité.
3. Biuet raconte dans sa Vie de Ronsard (te\te de 1597) 1"^ '^ poète reçut de la reine Elisabeth «un diamant d'excellente valeur». Ce fut probablement en retour de cette flatteuse dédicace et des trois poèmes non moins flatteurs adressés dans le même recueil à Elisabeth, à son favori Dudley et à son secrétaire Cecil. Le volume avait été présenté à. la reine dans les derniers jours d'août 1565 par notre ambassaneur P. de Poix, comme en témoigne une lettre qu'il écrivit au secrétaire Cecil le 23 de ce mois {State papers, Londres, Record Office, n° 1411).