Ce souvenir de Marie Stuart n'était guère opportun
2. Redoublement du que conjonctif, déjà vu souvent. — Cette légende d'une Britannia primitivement errante a peut-être pour origine une tradition médiévale déformée, provenant des Voyages merveilleux de saint Brandan, poème du xti"= s., qui contient un passage sur une île mouvante, laquelle n'est autre qu'une énorme baleine, vers 435 à 480 (éd. Fr. Michel, Paris, Claudin, 1878). En tout cas, R. s'est inspiré, en le transposant, d'un passage de Callimaque, Hymne en l'honneur de Dèlos.
152 N'estoit serré d'un lien aimantin,
Mais sans tenir à nulle cheine dure [3 v°]
Flot desur flot erroit à l'avanture.
Souventefois le nocher Hyrlandois 156 L'a rencontrée au rivage Flandrois
Près de sa nef, sur la vague eslevée,
Puis au retour bien loing l'a retrouvée :
Aucunefois sautant comme un mouton 140 S'alloit jouer au rivage Breton,
Puis en flottant où son pié luy commande,
Se blanchissoit de Tescume Normande :
Aucunefois s'en venoit balloier 144 Le flot qui vient à Boulongne ondoyer.
Puis tout soudain sauteloit à la rive
Où rOcean contre Flandres arrive :
Puis alloit voir les Orcades : après 148 D'un long chemin revenoit à Calais.
Un jour estant vers Calais arrestée,
Voicy venir le Dieu marin Protée,
Qui de son gré vagabond s'absentoit 1)2 Loing de Palene, où Prophète habitoit.
Ayant laissé son Egypte fertille
Trop irrité contre sa propre fille.
Qui par présent l'avoit mis dans les laz 1)6 (Comme il dormoit) du Prince Menelas '.
146. jS-Sy à Graveline arrive 148. 'jS-Sj retournoit vers Calais
152-153. éj-Sj Bien loing d'.Egipte {cl Egypte) ... Ayant laisse sa demeure fertille
I. D'après une légende relative au retour de Ménclas en Laconie après la ciiute de Troie, il aurait été forcé d'aborder en Egypte ; là il aurait appris par Idothée, iille du dieu marin Protée, comment obtenir de celui-ci des conseils sur les moyens de rentrer sûrement chez lui ; il aurait ainsi surpris Protée pendant son sommeil, et l'ayant enchaîné l'aurait obligé à lui donner les conseils souhaités (Homère, Od., IV, 384-461).
Or il avoit, comme un poisson, à nage Desjà passé d'Hercule le bornage ', Rasé l'Espagne, & ja voyoit la mer Contre les bords de Gascongne escumer : Desja plus bas à la rive voysine [4]
Voyoit flotter la vague Poitevine, Suivant tousjours en nouant plus avant Le flot qui va la Bretagne lavant.
Comme il estoit à la rive qui baigne Le port Icin ^ d'une humide campaigne, Il vist vostre Isle, & si tost qu'il la vit Flottant sur l'eau, sa beauté le ravit : Lors abaissant contre la mer sa teste Fist à Neptune une telle requeste :
Père Neptune, à qui le flot chenu Par sort jette en partage est venu, Lors que vous trois. Saturnien lignage, De ce grand tout divisiez l'héritage', Aux autres Dieux ne laissant rien sinon La seule peur d'un si horrible nom + :